BA 64, échoué sur la grève

Il faut quitter la route 62, dans le nord-ouest de l’Islande, pour emprunter la piste 612 en direction des falaises de Látrabjarg. Elle longe le fjord Patreksfjördur en partant vers l’ouest. On parvient rapidement dans le lit d’un ruisseau qui descend des collines.

Il est à sec la plupart du temps, et transformé en un immense parking… vide. Car ici les touristes ne se bousculent pas, contrairement aux « spots » ultra fréquentés du cercle d’or. En plein milieu se trouve l’épave du BA 64. Elle est enfoncée dans le sable, ce qui donne l’impression, de loin, qu’elle est toujours à flot.

Elle semble en très bon état de conservation. Pourtant lorsqu’on s’en approche, on constate les dégâts de la corrosion. L’intérieur du bateau, que l’on aperçoit en glissant la tête dans les quelques ouvertures à l’arrière, est particulièrement attaqué. Il faut dire que le vaisseau était fait en partie de bois

L’âge du Titanic !

Le navire a commencé sa carrière sous le nom de Globe IV, assemblé en Norvège en 1912, l’année de la tragique disparition du Titanic. C’était un bateau destiné à la chasse à la baleine, renforcé pour être capable de face face aux tempêtes des mers du sud et de briser les glaces des pôles. Il était animé par des voiles, mais disposait d’un moteur à vapeur pour naviguer les jours de calme plat. La carrière du Globe IV l’a mené un peu partout sur la planète au gré de ses différents propriétaires.

Il a été acquis par un propriétaire islandais après la seconde guerre mondiale, renommé Siglunes SI 89. Sa propulsion a été modifiée pour reposer sur un moteur diesel Ruston Hornsby de 378 chevaux. Son dernier propriétaire l’a acquis en 1963 et rebaptisé Gardar BA 64 – c’est le nom que l’on voit toujours sur les flancs et la cabine de pilotage ! En décembre 1981, il a mouillé pour la dernière fois dans le Patreksfjördur. Plutôt que d’être coulé en mer, il a été treuillé sur la plage et laissé là. Ce plus que centenaire trône désormais sur la grève, cible privilégiée des photographes qui s'aventurent jusqu'ici !

Crédits photos : Frédéric Botton