Buller à Krýsuvík

Située au sud de Reykjavik, dans la péninsule de Reykjanes, Krýsuvík est une région aride et sauvage. Pas d’arbres, très peu d’habitations, l’endroit n’est pas hospitalier. Pour y aller, il faut suivre la route 42 vers le sud pendant un peu plus d'une heure. Elle est carrossable, même avec une citadine, mais goudronnée sur une petite partie seulement. Il faut être certain d’avoir une roue de secours et le matériel pour la changer, ainsi qu’un téléphone portable. Et un GPS pour s'éloigner de la route....

Une fois passé le grand lac de Kleifarvatn sur la gauche, on entre dans la région de Krýsuvík. A gauche, l’herbe peine à coloniser des collines en pente très douces. Il y a bien quelques enclos qui laissent supposer que des animaux y paissent… mais ils sont désespérément vides. Et l’absence d’odeur est un indice : les troupeaux de chevaux ou de moutons ne sont pas souvent laissés ici. A droite, la route est bordée par une crête abrupte et rocailleuse.

 

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Les solfataras

Lorsqu’on aperçoit des fumerolles sur les flancs, à droite, c’est signe qu’il faut faire une halte. Ces fumerolles sont les témoins d’une intense activité dans le sous-sol. La région est sur la faille qui traverse l’Islande, entre deux plaques tectoniques. Elle n’a pas connu d’éruption depuis le 14e siècle, mais l’endroit est un tapis de coulées de lave, aplati par l’érosion.

Plus d’éruption peut-être, pourtant la présence de magma est évidente : l’odeur de soufre est caractéristique lorsqu’on s’approche des fumerolles. Là-dessus, c’est chaud et ça ne demande qu’à se frayer un chemin vers la surface ! On les appelle aussi des solfataras (c’est du sicilien) ou des fumaroles (dérivé du latin fumus, fumée).

 

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Les mares de boue

En l’absence de phénomène violent et éruptif, l’eau chauffée par le magma monte et se mêle avec la roche pour former une boue brûlante. Lorsqu’elle parvient à atteindre la surface, elle crée une mare de boue que l’on croirait vivante : elle est animée par des bulles de gaz chaud qui éclatent en projetant de la matière très chaude, plus ou moins loin.

Des panneaux avertissent du danger : les mares de boues semblent bien tranquilles, mais il arrive qu’elles soient agitées par des soubresauts soudains. Dans ce cas, mieux vaut s’écarter : la boue sort à près de 100 degrés ! Certains endroits ont été équipés de rondins de bois pour ne pas risquer de glisser, mais il faut être prudent : les mares de boues changent souvent d’aspect, au gré des tremblements de terre, des remontées d’eau, du bon vouloir de la couche magmatique, et les rondins de bois disparaissent, rongés par l’acidité…

 

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Life on maars !

Derrière la barre rocheuse sur laquelle on trouve des champs de fumerolles, on peut découvrir de petits lacs d’eau bleue ou blanche laiteuse – en raison de la forte concentration en silice. Ce sont des maars ! Ce terme peu connu, qui n’a rien à voir avec la planète, décrit des cratères explosifs. L’eau comprimée dans le sous-sol est entrée en ébullition jusqu’à provoquer une explosion qui a creusé le cratère.

La région est idéale pour pratiquer la randonnée – il faut être bien chaussé et s’assurer d’avoir un GPS opérationnel avant de partir, en l'absence totale de points de repères et de marquages. S’aventurer entre les solfataras, les mares de boue et les maars n’est pas dangereux si on fait preuve de prudence, et c’est l’occasion de découvrir des décors minéraux étonnants, sans jamais croiser la moindre âme qui vive.

 

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© photo principale : Frédéric Botton ; © photo texte : Frédéric Botton et ontdekijsland.nl