Du haut de la Hallgrímskirkja

L’église Hallgrímskirkja se trouve au sommet d’une colline, en plein centre-ville de Reykjavik. On y accède sans trop souffrir de la pente, depuis la maison du premier ministre à deux pas du port. Il faut parcourir un peu moins de 700 mètres sur la rue Skólavörðusígur en flânant devant les boutiques.

À l’arrivée sur le parvis, on est accueilli par une belle statue. C’est celle de Leif Eriksson, à qui l’on attribue la découverte du continent nord-américain, bien avant que Christophe Colomb n’y mette les pieds. Cette statue a été offerte à Reykjavik en 1930 par les États-Unis. L’église Hallgrímskirkja, juste derrière, pointe vers le ciel, monumentale. Le clocher est drapé avec deux pans symétriques, qui symbolisent du basalte, des coulées de lave solidifiées. C’est du moins ainsi que l’architecte islandais Guðjón Samúelsson a décrit son ouvrage.

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Les interprétations

À vrai dire, on voit peu de rapport entre les champs de lave solidifiée islandais et les ornements de l’église. Sauf à avoir été jusqu'aux chutes de Svartifoss et contemplé leurs colonnes basaltiques inversées. Si vous avez visité Giant’s Causeway (la chaussée des géants) en Irlande du Nord, la similitude tout simplement est frappante.

On peut y voir aussi une vision informatisée de courbes douces, sorte de « pixel-art » directement issu des écrans basse-résolution des années 90. Ce n’était évidemment pas une volonté de l’architecte, puisque la construction a été décidée en 1937. Il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que débutent les travaux. Lesquels ont tout d’abord été menés rapidement puisque la crypte a été achevée et consacrée en 1948.

 

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Église contemporaine

Le reste de l’édifice a pris plusieurs décennies pour être bâti. Ainsi le clocher et les ailes n’ont été achevés qu’en 1974. Ce n’est qu’en 1986 que la nef a été terminée, finalisant enfin la construction de l’église… après 4 décennies de travaux. Le style est donc résolument contemporain, en béton, sans ornements ostentatoires.

Le clocher culmine à 73 mètres, ce qui en fait le 6e bâtiment le plus haut d’Islande. Le culte célébré dans l’église est protestant d’obédience luthérienne. Elle est administrée par l’évêque Agnes M. Sigurðardóttir depuis 2012. La première femme à devenir évêque en Islande !

Lors d’occasions spéciales, comme le nouvel an, des festivals, la façade de l’église est habillée par des éclairages inventifs… À ne surtout pas louper !

 

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À l’intérieur

L’église est généralement ouverte de 9h du matin jusqu’à 17h le soir. La simplicité et le minimalisme de l’extérieur se retrouvent à l’intérieur de l’édifice. Le béton n’est pas décoré, les représentations religieuses sont rares : seule une statue blanche représentant Jésus se trouve près de l’entrée, et deux icônes se font face près de l’autel. Au-dessus de la porte d’entrée se trouve un grand orgue. Un guide en consultation à l’entrée de l’église indique que cet instrument construit en 1992 mesure 15 mètres de haut pour un poids de 25 tonnes.

 

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La tour !

Il est possible de monter dans la tour, presqu’au sommet du clocher. L’entrée vaut 700 couronnes (4,50 €) pour les adultes, 100 (0,60 €) pour les enfants de 7 à 14 ans, gratuit pour les plus petits. Les horaires sont les mêmes que ceux de l’église. Un ascenseur mène directement au sommet en quelques secondes. De là-haut, le panorama sur la ville se révèle superbe.

Le spectacle du lever et du coucher du soleil y est superbe, les lumières rougissent dans les premiers et les derniers instants de la journée, embrasant la neige qui se trouve sur les sommets de l’autre côté de la baie de Reykjavik. Cette lumière rouge éclaire aussi le béton clair de l’église quand on se trouve à ses pieds... mais on ne peut pas être à la fois dans le clocher et au sol, il faut y revenir !

 

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Le site officiel de l'église... en islandais !
Une vue panoramique et interactive de l'intérieur de l'église

© photo principale : Frédéric Botton ; © photos texte : Jón Óskar, Frédéric Botton, Isabelle Compoint