Faut-il aller jusqu’aux falaises de Látrabjarg ?

Se rendre aux falaises de Látrabjarg  se mérite. La route 62 de transforme en piste, pas vraiment difficile, mais longue et cahoteuse. A l’arrivée, pas de stand à hotdogs ni de souvenirs, ici le tourisme n’a pas encore fait de dégâts. D’ailleurs le gouvernement islandais veille au grain.

Le parking en bout de piste est spartiate, mais la pente qui grimpe le long du haut des falaises a été balisée. C’était indispensable, car même si les bus de touristes parviennent rarement jusqu’ici, les pas des visiteurs ont fatigué la flore qui tente de s’accrocher tant bien que mal.

Pas de balisage, en revanche, sur les bords des falaises. Un panneau vous prévient du danger… et c’est tout. Pour le reste, c’est à vous de réaliser qu’un plongeon accidentel de plus de 100 mètres serait fatal. Les intempéries fragilisent le bord du précipice, attention à ne pas vous approcher.

La tentation…

Pourquoi voudrait-on s’approcher ? Tout simplement parce que les falaises de Látrabjarg constituent un repaire pour des colonies entières d’oiseaux. Selon la saison, on peut voir toute sortes d’animaux volants, y compris des macareux au printemps. Les oiseaux nichent dans les anfractuosités de la falaise. On y trouve par exemple 40 % de la population mondiale des Petits Pingouins, aussi connus sous le nom de Razorbills. Ils sont habillés tout de noir, avec un ventre blanc et un bec strié de blanc.

Pour les apercevoir, il faut donc s’approcher près du bord, même si les oiseaux sont habitués à la présence de l’homme. Mieux vaut le faire couché pour éviter les ennuis. Vous ne serez pas le seul à vous étendre au bord des falaises, de nombreux photographes y passent des heures ainsi, dans l’attente d’un beau cliché. Il n’est pas possible de se balader au pied des falaises, la mer ne laisse pas l’homme s’y aventurer.

Vieille histoire

Les falaises de Látrabjarg ont été formées il y a 13 à 14 millions d’années par des éruptions qui ont déposé des strates de cendres, compressées et solidifiées par le temps. La végétation s’y est accrochée puis a disparu au fil des nouvelles éruptions. Les matières organiques, au contact de l’oxygène, ont développé une belle couleur rouge que l’on voit entre les couches basaltiques.

Les falaises semblent inaccessibles. Pourtant jusque dans les années 1920, les habitants des villages proches se lançaient à l’assaut des parois verticales pour recueillir les œufs et pour chasser les oiseaux. Ils descendaient en rappel, une activité particulièrement dangereuse. Elle a été presque totalement abandonnée en 1926, après que deux chasseurs aient trouvé la mort dans les falaises.

 

Crédits photos : Isabelle Compoint et Frédéric Botton