Filmer l’Islande avec un drone ?

L’Islande était l’un des derniers sanctuaires sur la planète où piloter un drone n'était pas une activité réglementée. Mais la progression du tourisme sur l’île et les ventes phénoménales de drones ont conduit l’état islandais à prendre des mesures. Elles sont beaucoup moins contraignantes qu’en France, mais il faut tout de même les connaître si vous comptez voyager avec un drone !

Phantom, Mavic, Spark ou Inspire de DJI, Typhoon H de Yuneec, Bebop et Disco de Parrot, Solo de 3DR, vous avez peut-être pris l’une de ces caméras volantes dans vos bagages.

N’oubliez pas de conserver les batteries avec vous en cabine, et de ne surtout pas les laisser en soute. Pourquoi ? Parce que les extincteurs automatisés en soute ne sont pas en mesure d’éteindre un feu de batteries « Lipo » (Lithium-Polymère).

La réglementation ?

Il est souvent dit que l’Islande ne dispose d’aucune réglementation concernant les drones. C’est inexact ! Le site du ministère des transports islandais propose une page entièrement dédiée au sujet, en anglais. Ce qu’il faut en retenir ?

  • Il est interdit de voler à plus de 130 mètres de hauteur.
  • Il est interdit de voler à une distance inférieure à 2 kilomètres d’un aéroport avec des vols réguliers, et 1,5 km des autres aéroports.
  • Il est toutefois permis de voler dans l’emprise d’aéroports si le drone ne dépasse pas les structures environnantes les plus hautes.
  • Il faut conserver son drone en vue directe à tout moment.
  • Il faut indiquer son nom sur la coque du drone.
  • Le drone doit peser moins de 5 kilos. Au-delà, il faut une autorisation spécifique.
  • Il est interdit de voler dans une agglomération dense.
  • Il est interdit de survoler des personnes, des propriétés et des véhicules.
  • Il faut se renseigner sur les restrictions locales et temporelles.
  • Pour voler à plus de 130 mètres de hauteur, il faut obtenir une autorisation spécifique. La demande s’effectue sur cette page. Elle est sujette à des taxes. En tant que particulier, il est peu probable qu’une demande soit acceptée, la pratique est réservée aux travaux professionnels et universitaires.

Quelques explications...

  • Le drone doit rester en vue directe à tout moment. Ce qui signifie que le pilotage en immersion et à longue distance n’est pas autorisé. Attention, on se laisse facilement griser par la distance avec des drones comme le Mavic Pro ou le Phantom 4 de DJI, qui sont capables de partir à plusieurs kilomètres.
  • Il est interdit de voler dans Reykjavik, Akureyri et les zones résidentielles.
  • Des panneaux ont fleuri pour signifier des interdictions de vol. Ils sont généralement placés à l’entrée de lieux très fréquentés par les touristes, ainsi que dans les zones où la nature est protégée.
  • Le parc national de Vatnajökull interdit les vols de drones. Des panneaux le signalent. L’endroit est réputé pour y abriter la nidification de faucons.
  • Les éruptions volcaniques sont protégées par des zones interdites d’accès au sol, ces zones sont étendues à l’espace aérien, pour des raisons évidentes de sécurité et de la présence de trafic aérien d’hélicoptères. Des autorisations peuvent être accordées.
  • La liste des aéroports qu’il faut contourner à 2 kilomètres au moins est la suivante : Akureyri (BIAR), Bíldudalur (BIBD), Egilsstaðir (BIEG), Gjögur (BIGJ), Grímsey (BIGR), Húsavík (BIHU), Höfn í Hornafirði (BIHN), Ísafjörður (BIIS), Keflavík (BIKF), Reykjavík (BIRK), Þingeyri (BITE), Þórshöfn (BITN), Vestmannaeyjar (BIVM), Vopnafjörður (BIVO).

Le bon sens prévaut !

Pour voler en Islande, la première mesure à prendre en compte est le bon sens. Imaginez toujours, avant de décoller, les conséquences d'une panne ou d'une erreur de pilotage. En présence de groupes de personnes, et il peut y avoir beaucoup de monde près des cascades du Cercle d’or, la situation peut vite se compliquer.

En juin 2016, près de la lagune de Jökulsárlón, il y avait plusieurs appareils en vol simultanément, avec un vrombissement assez désagréable... Ceci est désormais interdit – ce qui n’empêchera pas des touristes de voler illégalement. Ne faites pas comme eux.

Lagune de Jökulsárlón, en Islande

Laissez les animaux en paix

Pensez aussi que vous pouvez affoler des animaux avec un drone qui vrombit au-dessus d’eux. Sachez que les oiseaux considèrent les drones comme des prédateurs. Au mieux vous les gênez, au pire ils attaquent (c’est le cas des sternes arctiques) : ce sera fatal pour l’oiseau... et pour votre drone ! Abstenez-vous de filmer les falaises de Látrabjarg, par exemple, et laissez les macareux tranquilles. N’allez pas non plus déranger des phoques affalés sur leurs rochers, ce serait le meilleur moyen de les en déloger définitivement.

Quelques différences avec la réglementation française ? Les vols à vocation commerciale ne sont pas interdits aux particuliers comme c'est le cas en France, les vols de nuit sont autorisés et le pilotage depuis un véhicule en mouvement est permis.

Pour plus d’informations sur les drones, direction le site Helicomicro. Vous n'y serez pas dépaysés, c’est votre serviteur qui est aux manettes !

Une vidéo réalisée avec un drone de compétition.
Une vidéo réalisée par un professionnel de l'image.

Kirkjufell en Islande.
Gulfoss en Islande.
Crédits photos : Frédéric Botton, Driss Abdi et Thomas Artigue