Geysers et chaudrons

Même si le monde entier perçoit les rares éruptions des volcans Islandais comme des événements terrifiants et extrêmement violents, le peuple islandais lui vit au quotidien avec le volcanisme et en a même fait une source d'énergie.

La manifestation volcanique la plus connue est le geyser. Geysir, celui qui a donné son nom au phénomène, atteint toujours les 70 mètres mais pas plus de trois fois par jour. Heureusement son voisin, Strokkur, continue d'assurer le spectacle. Il suffit d'attendre 5 à 7 minutes pour profiter de sa colonne d'eau qui atteint 20 à 30 mètres. Un spectacle à ne pas louper si vous êtes dans le coin !

Comment ça marche ?

Moins haut que Geysir, le geyser Strokkur attire pourtant tous les regards
Le geyser Strokkur attire tous les regards

Le mécanisme de formation des geysers est assez simple. Lorsque l’eau d’une source chaude s’approche d’une poche de magma, elle est portée à ébullition et cherche tout naturellement à remonter vers la surface. La vapeur sous pression soulève l’eau du réservoir en surface, crée une immense bulle qui finit par crever : le geyser jaillit !

La vie d’un geyser ne s’apparente pas à celle d’un long fleuve tranquille. Certains ont été taris par la main humaine : ils ont été stimulés par des jets de pierre, lesquelles ont fini par fermer le conduit de la source. Mais ce sont les tremblements de terre qui influencent le plus la destinée des geysers : après un séisme, la fréquence de jaillissement peut réduire voire s’arrêter totalement, ou au contraire connaître un beau regain d’activité.

Les autres formes de sources chaudes

La beauté des champs géothermiques ferait presque oublier leur odeur pestilentielle
La beauté des champs géothermiques ferait presque oublier leur odeur pestilentielle

On trouve en Islande de nombreux champs géothermiques, sur lesquels apparaissent d’autres manifestations de l’énergie issue de poches de magma. Les plus fréquentes sont les fumerolles. Ce sont des panaches de fumée, faits de vapeur d’eau et parfois de composés sulfureux, qui s’échappent de fissures dans le sol.

Les sources d’eau chaude sont très prisées par les Islandais, qui sont passés maîtres dans l’art de les apprivoiser. La température de l’eau est généralement entre 30° et 100°.

Les balades en voiture sur des pistes non goudronnées passent souvent à côté de champs géothermiques, surtout dans des champs de lave solidifiée. À l’évidence, la couche magmatique n’est pas bien loin de la surface !

Les chaudrons : un régal pour les yeux et un supplice pour le nez

Les mares de boue – ici à Strokkur – explosent en bulles épaisses
Les mares de boue – ici à Strokkur – explosent en bulles épaisses

On en trouve dans les champs géothermiques : les mares de boue sont impressionnantes. Elles bouillonnent avec de grosses bulles épaisses qui viennent exploser en surface, projetant de la boue brûlante. Les plus actives sont signalées par des panneaux danger. On sent généralement une odeur de soufre plus ou moins prononcée.

Les couleurs des champs géothermiques sont souvent étonnantes : la silice et les différents minéraux pigmentent l’eau et la boue. Un régal pour les yeux, à contempler en prenant garde à se tenir à une distance de sécurité.

Les petits puits d’eau chaude sont appelés communément des chaudrons. Mais leur vraie appellation est mofette, du latin mephitis qui signifie odeur pestilentielle. On les associe généralement à l’odeur caractéristique du soufre. Pourtant les mofettes rejettent bien des gaz, souvent toxiques, mais pas de soufre ! Il s’agit la plupart du temps de dioxyde de carbone et de diazote, des substances capables de transformer la roche dure en argile presque liquide. Là encore, il faut se tenir à distance.

Où trouver de beaux champs géothermiques ?

Champ géothermique de Kleifarvatn
Champ géothermique de Kleifarvatn

Le champ géothermique de Geysir est vaste, avec de belles sources d’eau chaude aux couleurs incroyables : c’est un spot incontournable pour les touristes, et je vous le recommande chaudement – c’est le cas de le dire. Il est en pente, il vous suffit de grimper un peu sur la colline pour profiter d’une vue d’ensemble du champ avec ses sources, ses mares bouillonnantes. Et bien sûr la poche d’eau du Strokkur qui dresse régulièrement sa colonne.

Tout le monde se prend au jeu : le but est de filmer un jaillissement depuis son début, lorsque la poche d’eau se gonfle jusqu’à ce que la colonne d’eau s’élève et retombe en pluie. Je suis tombé sur des champs géothermiques aux couleurs chatoyantes – accompagnées d’odeurs pestilentielles – à proximité du lac Kleifarvatn, dans la péninsule de Reykjanes. L’un d’eux est appelé Seltún. Il est balisé, et rendu praticable avec une traverse faite de rondins. Les fumerolles sont souvent indicatrices de champs géothermiques. Sur la piste qui mène au lac Kleifarvatn, il suffit d’ouvrir l’œil pour découvrir des chaudrons cachés derrière un talus…

© photo principale : Frédéric Botton © autres photos : Frédéric Botton