Geysir, le spectacle permanent

La réponse est oui, sans aucune hésitation. Geysir est une étape touristique inévitable, certes, mais il y a de bonnes raisons à cela. Tout d’abord le spectacle d’un geyser reste captivant. Et l’endroit offre d’autres pépites à découvrir… Le site se trouve à l’ouest de Reykjavik, à un peu plus de 100 kilomètres et 1h30 de route.

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Facile d’accès

J’ai emprunté la route 1 vers le nord, puis la route 36 qui file vers Pingvellir, se transforme en route 365 puis 37 et enfin 35. Aucun souci d’accès, c’est une route goudronnée sur tout le chemin. A l’arrivée à Geysir, on est accueilli par une grande statue de bois. Face au bâtiment abritant une cafétéria et une boutique se dresse une colline aride parsemée de cratères fumants, protégés seulement par une mince cordelette. Combien coûte l’entrée ? Rien, c’est gratuit, comme presque partout en Islande.

 

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Ça bouillonne !

Il suffit de faire quelques pas vers la colline pour qu’une forte odeur de soufre se fasse sentir. Un glouglou m’attire vers les premières mares. Je passe à côté de sources d’eau bouillonnante, dont les noms sont indiqués sur de petites roches : Smidur et Litli-Geysir.

Le phénomène est étonnant et en fermant les yeux, je jurerais au son et à l’odeur me trouver dans une cuisine face à une casserole d’œufs durs. Le spectacle a lieu à intervalle réguliers, à quelques dizaines de mètres de là. Pendant l’approche, le geyser jaillit à plusieurs reprises. De quoi donner envie de s’en approcher !

 

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Geysir ou Strokkur ?

De nos jours, la vedette du lieu, c’est le Strokkur et non plus le Grand Geysir (Geysir signifie « celui qui jaillit »), son grand frère situé à 100 mètres de là et ayant donné son nom à cette zone géothermale ainsi qu’à tous les phénomènes du même type. Jusqu’au début du 19e siècle, ses vapeurs atteignaient 60 à 80 mètres toutes les trois heures environ (contre « seulement » une vingtaine de mètres pour le Strokkur), avant de s’espacer de plus en plus pour finalement s’éteindre complètement au milieu du 20e siècle.

Suite à un tremblement de terre le 17 juin 2000, jour de la fête nationale, il s’était ravivé, offrant son spectacle plusieurs fois par jour, pour finalement s’assoupir à nouveau quelques années plus tard. Désormais, il ne se réveille plus qu’épisodiquement.

Il parait qu’il est activé artificiellement à l’aide de savon déversé dans son cratère, une fois par an… pour la fête nationale. Mais ça, je n’ai pas eu la chance de le vérifier !

 

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Le Strokkur

Retour près du Strokkur. Les touristes amassés autour de son large cratère se tiennent sur le qui-vive, smartphone, appareil photo et caméscope au poing, le doigt sur la « gâchette », prêts à dégainer. Une bulle turquoise gonfle à la surface, laissant présager à tort l’arrivée imminente du jet, et déclenche une batterie de faux départs des photographes amateurs. Les plus impatients trépignent. Mais la nature a beau être régulière, elle ne se commande pas et sa saisissante beauté se mérite.

La bulle gonfle encore, et la gerbe explose finalement. Instant de plaisir pour les touristes, même si certains râlent de n’avoir pas su déclencher leur boîte à images assez vite. Ce n’est pas grave, le Strokkur est de bonne composition, il leur suffira d’attendre cinq minutes supplémentaires pour immortaliser l’événement.

Les plus chanceux pourront surprendre un deuxième jet, plus petit, tout de suite derrière le premier, voire un troisième après quelques secondes de calme. Le trou se creusant après l’éruption s’avère aussi fascinant à observer que la projection en elle-même.

 

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Les couleurs !

Après avoir « perdu » une bonne heure devant le Strokkur, j’ai continué ma balade sur la colline pour me retrouver devant le Blesi, deux bassins situés côte à côte, à l’eau d’un bleu électrique, dû à la présence de silice. Les couleurs sont tout simplement étonnantes !

C’est tout ce qu’offre l’endroit… mais c’est suffisant pour en prendre plein les yeux, remplir la mémoire d’un smartphone, et pour être complètement trempé en allant se poster dans le panache du Strokkur - attention, les projections d’eau peuvent être très chaudes

© photo principale : Frédéric Botton ; © photo texte : Isabelle Compoint et Frédéric Botton