Grímsvötn, bientôt le réveil?

Le souci, avec le Grímsvötn, c’est qu’il n’est pas visible. Ou très peu. Il s’agit d’un volcan qui se trouve sous la calotte glaciaire du Vatnajökull, dans le sud de l’Islande.

Sur une vue satellite, on parvient tout de même à deviner ses contours : il s’agit d’une caldeira. C’est-à-dire une immense dépression circulaire, résultat de l’explosion d’une chambre magmatique. A vrai dire, ce sont plusieurs caldeiras qui composent le Grímsvötn – il mesure 6 x 8 km. Le sommet du volcan, à 1725 mètres d’altitude, dépasse la couche de glace qui compose le Vatnajökull, sous la forme d’une petite barre rocheuse qui se détache du blanc tout autour.

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Découvert !

Depuis 2011, date de la dernière éruption, ce n’est plus le sommet du volcan qui attire l’attention des rares visiteurs, mais l’énorme lac sous-glaciaire qui est apparu. L’épaisse couche de glace a fondu, dévoilant ce lac dont l’existence était supposée. Invisible jusqu’alors et pourtant dévastateur !

C’est en effet lui qui est responsable des plus terribles jökulhlaups que l’Islande ait connu. Ce sont des débordements du lac suite à des éruptions sous-glaciaires, comme celle de 1996. Le jökulhlaup avait emporté de nombreuses infrastructures (voir ici). Ce lac est présent sous la calotte glaciaire depuis longtemps – à l’échelle humaine – puisque c’est lui qui donné son nom au volcan : Grímsvötn signifie « les lacs de Grímur ».

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Le réveil, c’est pour bientôt ?

Peut-être bien. Le Grímsvötn est un volcan très actif, qui entre en éruption régulièrement. La fréquence varie entre 2 et 7 ans depuis le début du 20e siècle. Les dernières notables sont celles de 1996, de 1989, de 2004. Puis celle de 2011, sans doute l’une des plus violentes depuis une centaine d’années, dépassant en intensité l'éruption de l’Eyjafjallajökull. Si elle n’a pas été autant médiatisée, c’est que son panache de cendres est parti moins haut, moins loin, laissant tranquille l’espace aérien européen pour ne pénaliser que les vols vers l’Islande et le Groenland.

La prochaine éruption, en toute logique, devrait survenir d’ici à 2018. Les signes avant-coureurs sont des secousses répétées, mais aussi un affaissement de la couche de glace et un soulèvement de la partie rocheuse. Il est très probable que le volcan soit alimenté par une énorme chambre magmatique de 400 km2, avec des liaisons vers le Bárðarbunga, situé à environ 30 km.

Eruption de 1998
Eruption de 1998

On peut s’y balader ?

Oui, mais les randonnées sur le Vatnajökull sont à pratiquer accompagné d’un guide. Des stations de mesure sismiques sont placées sur les pentes rocheuses du Grímsvötn, les seules sur le centre de la calotte glaciaire. Et pour cause : le reste n’est que neige, sans possibilité d’accrochage sur un point fixe. On y trouve aussi un refuge fait de deux abris, d’un stock de carburant pour faire face à une urgence, de sanitaires et d’un chauffage par géothermie.

Il est déconseillé de rester aux alentours du Grímsvötn, même avec des moyens de déplacement rapides. Car l’endroit est très actif, comme en témoignent les fumerolles qui s’échappent de parois de la partie visible du volcan. La température de la roche monte parfois de quelques degrés, provoquant une fonte rapide de la glace du Vatnajökull…

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© photo principale : Dmitry Moiseenko ; © photos texte : Roger McLassus, Oddur Sigurðsson, Björgvin Hilmarsson 
  • En ce moment c’est surtout le Bárðarbunga qui menace de pété. Il y a eu plusieurs annonces à la radio il y a 2 semaines, plusieurs séismes de plus de magnitude 3 à la suite, dont un presque à 5. Celon les géologue, le magma est à moins de 2km de la caldeira, et commence à poussé sur les flans et la caldeira! Ca serait cool cette fois que ça pète dans la caldeira comme le grimsvotn, pas comme en 2014-2015 ;o)

    A suivre de près donc!

    • Fred

      Oui, les capteurs de secousses ont noté pas mal de mouvements. Mais il ne semble pas y avoir de déflation ou d’inflation de la couche de glace pour l’instant. Si ça pouvait attendre la mi-juin pour s’énerver, juste pour me laisser le temps d’y aller en avion… Ensuite, ça peut se déchainer, ce serait bonus. Avec un peu de chance, je pourrais y rester coincé 🙂 🙂