Hrafnseyri et les présidents Islandais

L’Islande n’est totalement indépendante que depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Une galerie des présidents islandais est visible dans l’une des trois maisons à toit en herbe de Hrafnseyri, à deux pas du musée de Jón Sigurðsson.

L’Islande n’est indépendante que depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Lorsque les guerres napoléoniennes séparent le Danemark et la Norvège, l’Islande est une dépendance du Danemark. C’est au 19e siècle que nait un mouvement prônant l’indépendance de l’Islande, guidé par l’historien Jón Sigurðsson (1811 – 1879). L’Islande gagne peu à peu de l’autonomie, mais reste subordonnée au Danemark.

En 1944, l’Allemagne nazie envahit le Danemark. Les islandais profitent de cette situation pour décréter, via un référendum, l’abrogation de l’union avec le Danemark, avec un score de 99,5 %. Ils votent aussi la Constitution républicaine, à 98,5 %.

Le 17 juin 1944, date de naissance de Jón Sigurðsson, est symboliquement choisie pour proclamer la République d’Islande à Þingvellir. Cette date devient aussi celle la fête nationale islandaise. Le premier président est Sveinn Björnsson (1881 – 1952). Il est réélu en 1945, puis 4 ans après en 1949 – 4 ans est la durée du mandat présidentiel islandais.

Son successeur est Ásgeir Ásgeirsso (1894 – 1972), qui est réélu à trois reprises, pour une gouvernance de 1952 à 1968.

Lui succède Kristján Eldjárn (1916 – 1982), qui occupe le siège de président pendant quatre mandats, de 1968 à 1980.

Une petite révolution !

En 1980, c’est une femme qui est élu présidente de la République, Vigdís Finnbogadóttir (née en 1930). C’est la première femme à avoir été élue démocratiquement à la présidence d’un pays. Elle reste à son poste pendant quatre mandats ! Elle avait étudié la littérature française à Grenoble, et parle donc couramment le français

Son successeur, en 1996, est Ólafur Ragnar Grímsson (né en 1943). Il reste au pouvoir durant quatre mandats. Le dernier est un peu spécial, puisqu’aucun adversaire ne s’est présenté avant la date limite des dépôts de candidature.

En 2016, il annonce ne pas vouloir se représenter pour un cinquième mandat. Mais la publication des Panama Papers conduit à la démission du premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson. Estimant que le pays est dans une situation grave, il revient sur sa décision et se présente… puis y renonce finalement.

A suivre...

En 2016 est élu Guðni Th. Jóhannesson à la présidence. Il indique dès son entrée en fonction qu’il refuse l’entrée de l’Islande dans l’Union Européenne. Mais on le connaît en dehors de l’Islande pour une autre raison : il a déclaré la guerre à la pizza hawaïenne. Il est même allé jusqu’à menacer d’interdire l’usage de l’ananas dans les pizzas par une loi.

Les hommes politiques sont décidément différents de ceux du reste de la planète. Souvenez-vous de l’étonnant maire de Reykjavik, Jón Gnarr… Lorsque je suis passé en juin 2016 à Hrafnseyri, son portrait n'était pas encore accroché. Et pour cause : il a été élu plus tard...

Visite rapide

Jón Sigurðsson, le leader de l’indépendance islandaise, est né à Hrafnseyri dans le nord-ouest de l’île. Vous pouvez y visiter le musée qui lui est consacré, mais il faut un peu de temps.

Si vous préférez une visite plus rapide, poussez la porte de la petite église qui a été construite à sa mémoire, puis entrez dans les maisons à toit végétal. Dans l’une d’entre elles, vous verrez une galerie des portraits des présidents (et de la présidente). Vous pourrez aussi y prendre une boisson chaude…

Crédits photos : Frédéric Botton