Islande, Europe ou pas Europe ?

La République d’Islande a été proclamée en 1944 et sa constitution adoptée, marquant son éloignement du Danemark. Elle était indépendante depuis 1918, mais encore inféodée au roi du Danemark sous le nom de Royaume d’Islande.

Le pays est frappé par une crise financière sans précédent en 2008, faisant suite à la crise des subprimes américaine. Le système bancaire est en… banqueroute, l’endettement du pays est impressionnant, le Fonds Monétaire International ne parvient pas à aider le gouvernement à surmonter les difficultés.

Le pays fait acte de candidature en juillet 2009 pour intégrer l’Union Européenne. L’espoir, à cette époque, est celui de l’adoption d’un euro salvateur pour stabiliser son économie. L’Islande est alors éligible à l’entrée dans l’UE, satisfaisant la plupart des requis.

Canada, Europe ?

La confusion de la crise de 2008 est telle que le gouvernement se tourne vers le Canada. Le dollar canadien est l’une des monnaies qui se comporte le mieux dans la tempête économique. Mais le mariage de la monnaie ne se fait pas.

Le pays décide de finalement conserver sa monnaie et de la dévaluer. La décision permet de relancer les exportations et de diminuer sensiblement l’endettement.

A gauche, la plaque américaine. A droite, la plaque européenne.

Les référendums

Une consultation de la population est organisée le 6 mars 2010 pour savoir si le remboursement des banques sur la dette devait avoir lieu. Le résultat est sans appel : le « non » remporte 93,2 % des suffrages. Un second référendum est organisé en 2011, dont le résulta est moins tranché, mais reste en faveur du « non », à presque 60 %. Les relations se tendent entre l’Islande et l’Union Européenne.

La victoire d’une coalition de centre-droit eurosceptique met fin aux négociations en vue de l’entrée de l’Islande dans l’UE. La monnaie et l’économie globale ne sont pas les seules raisons... Ce sont des quotas de pêche qu’aurait imposé Bruxelles qui fâchent les islandais. L’activité reste l’un des principaux vecteurs de l’économie de l’île. Il n’est pas question, pour les insulaires, de se plier à des règles édictées par des pays qui viennent pratiquer la pêche à proximité de ses rives.

"Non merci !" Photo Arctic Falcon, Wikimedia Commons

Re-référendum ?

Trois partis de centre-droit, le parti de l’Indépendance, Avenir Prometteur et Réforme, occupent la majorité des sièges du Parlement, au détriment du parti Pirate, favoris des sondages, mais dont le score n’a pas été celui escompté. Ils forment une coalition gouvernementale qui décide, début 2017, d’organiser un nouveau référendum pour savoir s’il faut intégrer l’Union Européenne.

Il est probable que le « non » l’emporte encore. L’ancien premier ministre Jón Baldvin Hannibalsson, artisan du « oui », a temporairement invité les islandais à voter contre l’entrée dans l’UE. La raison de cette prise de position ? « Les leaders politiques européens sont en situation d’échec. Il y a crise sur crise sur crise. Nous ne devons pas entrer dans une maison en feu. L’incendie doit être éteint avant toute autre chose ». Est-ce simplement partie remise ? A suivre !

Jón Baldvin Hannibalsson Photo Flickr, Estonian Foreign Ministry
Crédit photo principale et plaques : Frédéric Botton