La cascade de Háifoss

A l’approche de la cascade, rien ne laisse supposer qu’une chute d’eau se trouve ici : l’endroit est plat à perte de vue, un décor lunaire parsemé de roches et de coulées de lave figées. Probablement celles du volcan Hekla, qui se trouve à 25 km au sud. Un monstre qui modifie les cartes de la région à chaque éruption majeure…

Háifoss, c’est une cascade haute de 122 mètres. Elle est souvent présentée comme la seconde plus haute d’Islande. Pourtant, depuis 2007, elle est passée en troisième position. Celle considérée la plus haute a longtemps été la cascade de Glymur, avec 190 mètres de hauteur. Mais la découverte de celle de Morsárfoss a changé la donne : cette dernière atteint au moins 227 mètres. On ne peut pas la mesurer exactement : elle débute et finit sous la glace qui la masque en partie. Encore un peu d’histoire ? Jusqu’en 1912, la cascade était appelée Fossárfoss (« la cascade de Fossá »). Elle est ensuite devenue Háifoss (« la cascade haute »).

 

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Elle n’est pas seule

La rivière Þjórsá donne naissance à un petit bras appelé Fossá. Cette rivière a creusé la roche lorsque son débit était plus important. Elle a donné naissance à un cirque où elle vient se jeter depuis de hautes falaises. On y trouve la cascade Háifoss, la plus impressionnante, mais aussi sa petite sœur Granni qui chute de moins haut et épouse la forme du relief.

Le débit de la cascade Háifoss dépend de la météo : elle gonfle après de fortes averses et prend parfois des dimensions impressionnantes après un orage. Son débit est maximal à la fonte des neiges au printemps, et minimal à la fin de l’été. Mais elle reste toujours un spectacle pour les yeux… et les oreilles. Sans discontinuer, le fracas de l’eau monte du cirque, une sorte de gouffre en forme de chaudron.

 

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Pour les photographes

Les cascades constituent un sujet inépuisable pour les amateurs de beaux clichés : poses rapides pour capter les gouttelettes, pauses longues pour obtenir des filaments laiteux (voir ici)… La cascade de Háifoss ajoute quelques variantes. Depuis le promontoire rocheux qui donne un point de vue unique, on peut réaliser des prises de vues panoramiques absolument étonnantes. Voire même, pour les photographes bien équipés, des clichés à 360° dans lesquels il est possible de se balader avec la souris, une fois transférés sur ordinateur.

La vapeur d’eau qui s’échappe de la cascade fait naître de superbes arcs en ciel – un sujet de plus pour le photographe. Il faut pour cela que le soleil se trouve dans le dos, généralement entre 11h du matin et 14h l’après-midi. Peut-on aller photographier la cascade depuis sa base ? C’est possible, mais ce n’est pas une randonnée classique. Il faut contourner les falaises et progresser dans le canyon étroit, glissant et non balisé. Si vous n’êtes pas habitué aux randonnées sur terrains difficiles, mieux vaut renoncer d’autant que le débit peut augmenter rapidement et surprendre…

 

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Comment y aller ?

La cascade Háifoss fait partie de ces curiosités islandaises qui figurent rarement dans les programmes touristiques. Pour y parvenir, il faut compter environ 2 heures de route depuis Reykjavik, pour à peu près 140 kilomètres. Comme toujours, c’est la route n°1 vers l’est qu’il faut emprunter. Après avoir dépassé Selfoss, il faut bifurquer à gauche sur la route n°30, puis à droite sur la route n°32, le long de la rivière Þjórsá. Autant en profiter pour aller voir la ferme Pjódveldisbaerinn (voir ici), sur le chemin…

Il faut ensuite prendre la route n°332 sur la gauche. Attention, elle n’est pas goudronnée. Mieux vaut un 4x4, même si elle est praticable avec une citadine en roulant doucement. Elle file sur environ 7 kilomètres. Attention, il ne faut pas louper l’embranchement vers la gauche qui mène à la cascade. Ou plutôt au promontoire face à la cascade. Cette dernière partie de la route est parfois en mauvais état. Il n’y a que 500 mètres à parcourir, ils se font à pied, de préférence…

 

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© photo principale : Tricia Copenhaver ; © photos texte : Sveinn Michaelson, Sigurberg Hauksson