La péninsule de Reykjanes (partie 1)

C’est sur la péninsule de Reykjanes que se trouve l’aéroport de Keflavík, porte d'entrée de l'Islande. Pourtant la péninsule, située au sud-ouest de l’Islande, est largement méconnue. Je décide donc de partir à sa découverte. Depuis Reykjavík, je prends la route 41 jusqu’à l’aéroport que je laisse sur la gauche. Je rallie la côte nord, appelée Garðskagi, en 10 minutes environ, puis traverse la ville de Garður, qui vit essentiellement de la pêche. Comme il y a peu de choses à voir, je continue jusqu’au phare blanc et rouge qui se dresse sur la pointe nord-ouest.
L'ancien phare sert aujourd’hui de poste d’observation des oiseaux pendant les périodes de migration.

Phare away…

En s’approchant, je m’aperçois qu’il n’y a pas qu’un phare, mais deux ! Le premier, haut de 11 mètres et de forme carrée, date de 1897. Trop petit pour être visible pendant les tempêtes, il a été remplacé en 1944 par un phare cylindrique. Il sert aujourd’hui de poste d’observation des oiseaux pendant les périodes de migration.

Son successeur, avec ses 28 mètres, est le plus haut phare d’Islande. Malgré cela, il est déjà à la retraite. Il est maintenant utilisé comme station radar et station météo.

Vous pouvez en demander la clé au musée folklorique à deux pas de là pour admirer la vue depuis son sommet. Par temps dégagé, on peut apercevoir Reykjavík à l’est et, avec un peu de chance, le volcan Snaefellsjökull vers le nord. Il est distant d’une centaine de kilomètres, mais on reconnaît facilement sa silhouette très Fuji-Yama !

Le musée Folk ?

À deux pas des phares se trouve le Garðskagi Folk Museum. Un musée ? Plutôt un amusant bric-à-brac d’objets divers ! Il a été créé par deux personnages locaux, Asgeir Hjalmarsson et Gudni Ingimundarson, qui ont regroupé des milliers d’objets en tous genres, dont des radios TSF, des bateaux, et toutes sortes de machines. Il y a, paraît-il, 85 moteurs exposés… tous en état de marche !
Je me suis attardé longuement sur les clichés anciens de pêcheurs du début du siècle. D’avril à octobre, le musée est ouvert de 13h à 17h. Le reste de l’année, il faut passer un coup de fil avant d’y venir… (422-7220).

 

Le nouveau phare de Garður, le plus haut d'Islande

Vers la pointe sud

La carte montre que la route 45, qui part des phares, s’interrompt brutalement à l’ouest de l’aéroport. Elle ne se termine pas là, elle devient tout simplement une piste.

Avec ma voiture de tourisme, j’ai préféré rebrousser chemin pour rester sur une route goudronnée. J’ai donc repris la route 41, puis la 44 et enfin la 425. Les décors sont plus que jamais arides et déserts, sans aucune végétation à l’horizon.

Une petite route, à Midlina, permet de rejoindre un pont métallique qui enjambe une crevasse. Ce n’est pas n’importe laquelle : ici se rejoignent les plaques tectoniques américaine et eurasiatique, qui s’écartent d’un peu plus de 2 cm par an. Le pont s’appelle "Leif the Lucky", en l’honneur de Leif Ericsson, qui est supposé avoir posé le pied en Amérique il y a plus de 2000 ans. Je reprends la route vers l’est, toujours dans des décors désertiques, où seuls les lichens habillent les champs de lave… La suite de cette journée ? Ce sera dans un prochain billet !

© photo principale : © Isabelle Compoint ; © photos texte : Isabelle Compoint