La péninsule de Reykjanes (2)

Voici la suite de mon tour de la péninsule de Rekjanes.

Patrimoine bâti de la péninsule

Avant que la route 425 ne bifurque vers l’est, on atteint la centrale électrique Orkuverid Jörd. Elle peut être visitée tous les jours, mais seulement de 11h30 à 15h30. Si vous êtes amateurs de photographies « industrielles », où l’acier se mêle aux fumées et aux tubulures, l’endroit est un terrain de jeu tout simplement extraordinaire.

À partir de l’usine, il est possible de s’approcher du phare de Reykjanesta que l’on voit au loin. Possible… mais uniquement si votre voiture le permet : la route est un chemin de rocaille capable de mettre à mal les pneus d’une citadine. Dommage, le phare est construit sur la colline Bajaerfell, qui domine la péninsule de Reykjanes, pour un superbe panorama.

L’histoire de ce phare débute en 1878 : il a été construit en bord de mer, sur le mont Valahnjukur. C’était alors le premier phare islandais. Sa vie s’est révélée un peu courte. Fragilisé par les tremblements de terre et les déferlantes, il a été détruit en 1908 et reconstruit un peu plus loin, là où il se trouve actuellement, plus à l’intérieur des terres. Le chemin permet, paraît-il, d’accéder aux ruines de l’ancien phare. Je n’ai pas tenté le diable, surtout qu’à cet endroit, il semble rappeler sa présence avec le décor apocalyptique et les fumerolles inquiétantes.

 

Paysage lunaire sur la route 427
Paysage lunaire sur la route 427

Aux sources du Blue Lagoon

La route 425 continue jusqu’au village de Grindavik, qui n’a pas d’intérêt particulier. Elle le contourne pour rejoindre la route 43 qui file vers le nord et le fameux Blue Lagoon. Le paysage rocailleux se couvre désormais de mousse ocre.

Soudain, au milieu de rien surgit l’usine géothermique Svartsengi. C’est de là qu’est puisée, à plus de 2000 mètres de profondeur, de l’eau naturellement chauffée à 240° par le magma. Une fois refroidie à 70°, elle est acheminée par canalisations vers Grindavik, pour alimenter la ville en eau chaude et en chauffage. C’est le surplus de ces eaux, descendues à 40°, qui alimente le bassin du Blue Lagoon jouxtant l’usine. Il s’agit donc d’un site mi-naturel, mi-artificiel.

Rendez-vous en terrain inconnu

En quittant le Blue Lagoon, je décide de retourner vers Grindavik puis de bifurquer vers l’est sur la route 427 pour suivre la côte. Mais rapidement, cette voie s’avère relever davantage de la piste caillouteuse que de la chaussée goudronnée. À certains endroits, ces cailloux sont de la taille d’une balle de tennis, voire pour certains d’un ballon de handball.

Avec ma Toyota Yaris petit format, il faut impérativement rouler au pas pour ne pas risquer la crevaison. J’ai retenu mon souffle tout le long du chemin, en espérant qu’après chaque virage la route redevienne plus praticable. Ce n’est pas le cas, et j’ai croisé deux véhicules seulement. Petit réconfort : mon téléphone mobile capte parfaitement le réseau, alors que je suis à l’évidence loin de tout. La route à très petite vitesse permet d’admirer les sublimes paysages lunaires, sauvages et mordorés.

 

Champs de lave à Reykjanes
Champs de lave à Reykjanes

Chaud devant !

Peu après avoir rejoint la route 42, je passe près de Seltùn, un champ géothermique. Ce sont des bains chauds… mais il n’est pas question d’aller y tremper quoi que ce soit. Le champ est constitué d’étonnantes mares de boue bouillonnantes à la forte odeur de soufre, à quelques mètres du bord de la route.

Si plus loin une partie de l’endroit est aménagée avec des passages en bois, ici, seuls des panneaux indiquent le danger. Aucune barrière ou chemin tracé ne protège des boues brûlantes. Gare donc à ne pas s’approcher trop près, au risque de se faire ébouillanter par une eau à 100° !

Un lac africain ?

Après encore quelques kilomètres sur une route toujours aussi délicate, je parviens à l’immense lac Kleifarvatn, l’un des plus profonds d’Islande, avec ses 97 mètres. Le décor somptueux méritait bien quelques frayeurs. Comme sur la côte sud, la lumière du soir et les couleurs de la terre aride évoquent l’Afrique. Je m’imprègne du silence, de la solitude et de la beauté du cadre avant de poursuivre ma route jusqu’à Reykjavík.

Peu après le lac, le chemin de cailloux se transforme finalement en une route goudronnée. Rassurant, après avoir roulé au pas pendant plusieurs heures. Le retour sur Reykjavík est beaucoup plus paisible. Notez que vous pouvez accéder très rapidement au lac de Kleifarvatn depuis Reyjavík…

 

La péninsule du lac Kleifarvatn au coucher du soleil
La péninsule du lac Kleifarvatn au coucher du soleil
© photo principale : Frédéric Botton ; © autres photos : Frédéric Botton