L’arche de Dyrhólaey

L’endroit se situe dans la partie la plus méridionale de l’Islande. Ce n’est pas le point le plus au sud du pays, la plaine alluvionnaire du Sudurland descend un peu plus bas, tout comme les îles de Vestmann. La réserve naturelle se trouve à environ 170 kilomètres à l’est de Reykjavik, accessible très facilement en suivant la route n°1.

Il faut bifurquer vers la droite sur la route 218, un peu avant d’arriver à Vik. Attention, la dernière partie est une route souvent détériorée. Elle régulièrement remise en état, mais l’endroit souffre de conditions météo très dures. Il faut environ 2 h 30 pour y parvenir – mais il est préférable de considérer l’endroit comme une étape dans un petit roadtrip dans l’est de l’Islande.

 

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Plages et falaises

Dyrhólaey, c’est en fait une ancienne ile constituée par un soulèvement volcanique. C’est ce qui explique que l’endroit se dresse au milieu d’un décor plat, bordé d’eau, de sable noir et de étendues marécageuses. Les falaises, du côté marin, montent à 120 mètres au-dessus de l’eau. Le panorama est exceptionnel et, si le temps le veut bien, on peut admirer toute la côte sud de l’Islande avec le manteau neigeux de l’immense calotte glaciaire Mýrdalsjökull en arrière-plan.

Une grande arche naturelle de basalte est posée au-dessus de la mer, sous la pointe méridionale de Dyrhólaey. C’est elle qui a donné son nom à l’endroit : « l’île haute trou de porte ». A vrai dire, il y a deux trous, deux arches. L’autre est plus petite, plus proche du bord. Au-dessus se trouve un phare. On y accède en voiture, avec la possibilité de la laisser là pour partir en balade. Les plus courageux peuvent accéder à la grève, sous les falaises, lorsque la marée est basse. Attention, les vagues sont parfois hautes en raison d'une forte houle.

 

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L’endroit est sauvage

Attention, les falaises ne sont pas sans danger ! Battues par les vents, la mer, la pluie, la neige, elles sont soumises à une forte érosion. En janvier 2014, deux touristes ont fait une chute de 40 mètres lors d’un éboulement. Ils s’en sont sortis miraculeusement, mais pas sans séquelles graves. Il est par conséquent indispensable de se tenir à l’écart du bord, même si l’envie de réussir un cliché fait oublier le danger.

C’est une réserve naturelle protégée, qui sert de sanctuaire pour la nidification de nombreuses espèces d’oiseaux. Elle est fermée au public, pour cette raison, les mois de mai et juin. Le reste de l’année, l’endroit est un véritable paradis pour les passionnés d’oiseaux. On y trouve des mouettes et des goélands, bien sûr, mais aussi des macareux et fulmars. Avec un bon téléobjectif, les photographes amateurs peuvent réaliser de clichés étonnants.

 

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Le phare, un hôtel

Ce promontoire au sud de l’île était parfait pour y établir un outil destiné à la navigation. Un phare y a été construit en 1910, d’abord réalisé en métal et importé de Suède. Il a vite et mal vieilli, et mal résisté aux conditions climatiques. Il a été remplacé en 1927 par un édifice en pierre, d’une hauteur de 13 mètres. Il est toujours en activité, avec un flash lumineux émis toutes les 10 secondes. Il est automatisé, ce qui a permis de libérer les pièces sous la lanterne.

C’est désormais un hôtel avec une unique chambre de type loft, à étage, qui permet d’héberger 5 personnes. La décoration a été réalisée dans un style qui mêle le contemporain et le mobilier islandais, par l’architecte d’intérieur Gudbjorg Magnúsdóttir. Cerise sur le phare, et c'est le cas de le dire : elle offre un accès à la plateforme sur laquelle se trouve la lanterne du phare, habillée de rouge…

 

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La vue !

Depuis Dyrhólaey, on domine les plages de sable noir à l’est et à l’ouest, un spectacle encore plus impressionnant quand le vent souffle fort, à tel point que les oiseaux doivent se battre pour ne pas être emportés. Quand une pluie fine se met alors à tomber – et cela arrive souvent à cet endroit -, elle cingle le visage comme s’il s’agissait de petites aiguilles. Il est possible de marcher jusqu’à la pointe la plus au sud, qui offre un panorama exceptionnel sur les falaises et le phare.

Si la météo veut bien collaborer, on voit à l’est se dresser de l’océan les pointes noires et acérées de Reynisdrangar. Au nord, le glacier Mýrdalsjökull barre l’horizon. Au sud, on profite des énormes blocs rocheux dont le plus haut, Háidrangur, culmine à 43 mètres. Il faut prévoir une pause de 2 bonnes heures pour découvrir l’endroit. Et savoir que la météo y est très changeante. Attendre un peu permet parfois de voir le décor se découvrir, le temps de profiter d’une vue exceptionnelle et de faire quelques photos. Puis de voir tout disparaître dans une trombe d’eau…

 

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© photo principale : Zairon ; © photos texte : Bromr, Zairon, Frédéric Botton