L’épave de l’Epine GY 7

Un avis de tempête avait été diffusé ce 13 mars 1948, et les bateaux partis en pêche sur l’extrémité ouest de l’Islande sont rentrés au port avant de rencontrer le grain. Tous, sauf l'Epine GY 7, un puissant chalutier en provenance de Grimsby en Angleterre, dont le capitaine a décidé de rester le plus longtemps possible en mer. Mal lui en a pris…

En perdition

Le bateau est venu s’échouer sur les récifs, face à la plage de Djúpalónssandur, au pied du volcan Snaefellsjökull. Le puissant ressac a empêché le navire d’atteindre la plage, sur laquelle l’équipage aurait pu débarquer. Il a continué à être balloté, en se disloquant peu à peu.

Le chargé de radio a bord a réussi à établir le contact avec la terre juste avant de toucher les récifs, vers 23h, mais sans pouvoir donner sa position exacte. Avec la violence de la tempête et la tombée de la nuit, les hommes à terre ont mis du temps à comprendre où se trouvait le navire, et se sont vus dans l’impossibilité d’envoyer un bateau pour partir au secours des marins encore à bord.

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Nuit terrible !

De la plage de Djúpalónssandur, on pouvait voir le bateau subir les assauts de la mer en furie, et les marins accrochés aux bastingages. L’un d’eux, tombé à la mer, est parvenu en vie sur la plage où il a été secouru. Mais il est le seul qui ait survécu des 14 marins tombés à l’eau.

Au matin, lorsque la marée a commencé à descendre et la tempête à fléchir, 4 marins ont réussi à tendre un câble vers la plage et à descendre dans une nacelle de fortune. Seuls 5 hommes ont été sauvés, les 14 autres membres de l’équipage sont morts, et pour certains leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

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L’épave est sur la plage

Il ne reste plus grand-chose de l’Epine GY 7. Sur la plage de Djúpalónssandur, à laquelle on peut accéder facilement depuis un parking situé en hauteur, on trouve des morceaux épars qu’il est difficile d’identifier. Ils sont colorés d’un bel orange vif, la corrosion et la rouille ayant fait leur travail depuis près de 70 ans.

Il est probable que de nombreuses parties de l’épave aient été subtilisées par les visiteurs de la plage, et qu’il n’en reste bientôt plus du tout avec l’augmentation de la fréquentation touristique. Il ne subsistera alors plus que le panneau qui raconte l’histoire de l’Epine GY 7 et de ses infortunés marins…

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Crédit photo : Frédéric Botton