Les cascades du sud de l’Islande

Emprunter la route n°1 qui part de Reykjavík, c'est se lancer dans un tour complet de l'Islande (plus de 1300 kilomètres) ou, plus raisonnablement, en parcourir la partie qui mène vers le sud de l’île. Alors que la plupart des petites routes d’Islande s’apparentent à des pistes qui nécessitent un 4x4, la route n°1, goudronnée, est bien entretenue. Aucun souci, donc, pour s’y engager avec une petite voiture de location. Ça tombe bien : plusieurs des plus belles cascades du pays se trouvent sur la côte sud, en bord de route…
Coucher de soleil sur la route n°1
Coucher de soleil sur la route n°1

Vers le sud

En sortant de Reykjavík, je prends la direction du sud par la route n°1. La limitation de vitesse est la même qu’en France : on ne dépasse pas les 90 km/h. Rouler tranquillement permet de profiter des décors sauvages et minéraux, d’apercevoir des usines géothermiques repérées grâce à leurs panaches de fumée blanche. Je passe le long de la ville de Hveragerði, atypique puisqu’on y trouve de grands parterres de fleurs et d’immenses serres chauffées par des sources chaudes.

Les collines alentour sont parsemées de petites fumerolles, qui rappellent à quel point l’activité volcanique est intense dans le proche sous-sol. L’impression est étrange à cet endroit : on se croirait sur le couvercle d’une cocotte-minute ! La route devient plus plate à l’approche de la côte. La météo le voulant bien, j’aperçois le célèbre volcan Eyjafjallajökull qui coiffe l’horizon. Il domine un plateau rocheux qui semble former une barrière au loin. Encore quelques kilomètres et j’approche de la première cascade : Seljalandsfoss. Pour y accéder, je tourne à gauche sur la route 249, qui longe le plateau rocheux sur environ 1 kilomètre, avant d'arriver au pied de la cascade.

 

Les alentours de Hveragerði sont parsemés de fumerolles.
Les alentours de Hveragerði sont parsemés de fumerolles.

Seljalandsfoss, sous toutes les coutures

La rivière Seljalandsá chemine sur le plateau depuis les flancs du volcan Eyjafjallajökull, puis tombe depuis une hauteur de 60 mètres, l’équivalent d’un immeuble de 20 étages… Une notion très urbaine qui n’a pas vraiment de sens ici : l’endroit est resté sauvage, dépourvu de constructions. C’est un lieu de passage touristique, bien sûr, et il y a du monde en haute saison. Mais comme sur la plupart des sites islandais, personne n’est là pour prélever un droit d’accès ou obliger à suivre un parcours fléché.

Si j’ai envie d’aller me faire tremper par la chute d’eau ? C’est possible, il me suffit de m’en approcher… Les installations sont réduites à leur strict minimum, avec quelques planches en bois pour éviter de glisser. Un petit plaisir à ne louper sous aucun prétexte ? Il est possible de passer derrière la cascade pour mieux profiter du fracas de l’eau et voir l’envers du décor. L’endroit est parfait pour prendre de superbes photos : vers le haut, en contre-plongée, à travers la chute, en vitesse rapide pour distinguer toutes les gouttes, en pause longue pour un effet cotonneux…

 

Il est possible de passer derrière la cascade de Seljalandsfoss pour voir l’envers du décor.
Il est possible de passer derrière la cascade de Seljalandsfoss pour voir l’envers du décor.

Skógafoss, l’incontournable

Je reprends la route n°1, toujours vers le sud, sur une trentaine de kilomètres. La chute de Skógafoss pourrait passer inaperçue. Mais elle est indiquée par des panneaux, que je suis sur un peu plus d’un kilomètre. La rivière Skógá chute ici d’une hauteur de 62 mètres, sur une largeur de 25 mètres, formant un superbe rideau blanc vrombissant. Là encore, le site est resté vierge. Je marche librement au bord du lit de la rivière jusqu’à me trouver juste au pied de la cascade, dans une sorte de cirque balayé par les projections d’eau. Mieux vaut être équipé d’un vêtement imperméable, sous peine d’en ressortir complètement trempé !

Un petit chemin monte sur la droite de la cascade : je décide de l’emprunter pour prendre un peu de hauteur. Bonne idée : je me retrouve au-dessus de la chute d’eau, un endroit parfait pour profiter d’un autre point de vue. À vrai dire, j’entends le bruit sourd de la cascade plus que je ne la vois. L’intérêt de l’endroit est autre : il offre un superbe panorama sur la plaine alluviale qui conduit jusqu’à la mer. La balade à pies peut se poursuivre le long de la rivière jusqu’au col de Fimmvörðuháls, au pied de l’Eyjafjallajökull…

 

La rivière Skógá chute ici d’une hauteur de 62 mètres.
La rivière Skógá chute ici d’une hauteur de 62 mètres.
© photo principale : Frédéric Botton ; © photos texte : Frédéric Botton et Isabelle Compoint