Les falaises de Látrabjarg (et leurs oiseaux)

Il faut éviter d’aller à Látrabjarg depuis Reykjavik, mais profiter d’une visite de la péninsule de Snaefellsnes pour avancer encore vers le nord puis l’ouest. Car depuis la capitale, en voiture, il faut presque 6 heures pour parcourir les 450 kilomètres jusqu’à l’extrémité occidentale de l’Islande.

Attention, la route est praticable jusqu’aux derniers 50 kilomètres. Elle devient ensuite plus chaotique, mal entretenue. Elle reste accessible avec un véhicule normal, mais il est recommandé de rouler en 4x4… Juste après avoir quitté la route 62 pour rejoindre la 612, on atteint la baie de Skápadalur. Là se trouve échoué, depuis 1981, le bateau de pêche Gardar BA 64. La corrosion de ce baleinier construit en 1912 a attaqué sa coque qui rouille et devient, probablement contre son gré, un formidable sujet pour les amateurs de photographies.

 

blog-islande-latra-04

Au bout de la route

On atteint un parking sans installation, qui dessert le phare de Bjargtangar. Ne vous attendez pas à un édifice majestueux : il a été créé en 1913 pour être fonctionnel à défaut d’être beau. Il n’est pas visitable, mais il est habité toute l’année. Si l’endroit vous semble un peu désert et peu accueillant pour y passer la nuit, sachez que vous pouvez revenir sur vos pas. En face du fjord Patreksfjördur se trouve l’hôtel Látrabjarg. Un endroit étonnant, au milieu de nulle part, face aux collines et à deux pas d’une grande plage.

 

blog-islande-latra-01

La hauteur des falaises ?

Celles d’Etretat, avec une hauteur de 100 mètres au mieux, ne pèsent pas lourd face à celles de Látrabjarg. Pas plus que les fameuses Cliffs of Moher irlandaises et leurs 214 mètres. Elles ne sont distancées que par les Slieve League, toujours en Irlande, qui culminent à plus de 600 mètres. Les falaises de Látrabjarg se hissent jusqu’à 440 mètres au-dessus de la mer. Contrairement aux autres falaises, l’homme n’a tenté aucune modification, aucune amélioration. Pas question, donc, de s’approcher du bord : la signalisation est absente et le risque grand si on s’approche du vide.

 

blog-islande-latra-03

Les colonies d’oiseaux

Cet habitat à l’état sauvage est un havre de paix pour de nombreuses espèces d’oiseaux, qui nichent dans les anfractuosités des roches plongeant dans la mer. Et on en trouve sur les 14 kilomètres de parois rocheuses ! Les spécialistes estiment que pour certaines espèces, plus de 40 % de la population mondiale se trouve regroupées dans les falaises. C’est le cas du Razorbill, aussi appelé Pingouin Torda, au bec noir avec des filets blancs. On y trouve aussi des colonies de macareux, des fous de Bassan, des guillemots…

 

blog-islande-latra-06

Le paradis du photographe animalier

L’absence de touristes insistants a rendu les oiseaux peu farouches. La mer déchaînée et les intempéries constituent des ennuis bien plus sérieux pour eux que des visiteurs très occasionnels avec leurs téléobjectifs. Ils se laissent approcher sans trop de crainte – sauf lorsqu’ils entendent protéger leur progéniture – à tel point que le téléobjectif peut rester dans sa pochette de protection !

 

blog-islande-latra-07

Dormir près des falaises de Látrabjarg
Hôtel Látrabjarg

© photo principale : Frédéric Botton ; © photo texte : Frédéric Botton, Jóhann Óli Hilmarsson, Bromr, DickDaniels