Les polars islandais

Le polar islandais, c’est un nouveau-né à l’échelle de l'histoire de la littérature locale. La langue islandaise existe, inchangée, depuis plusieurs centaines d’années, elle a tout naturellement accompagné la transmission des grandes sagas vikings. Les auteurs du début du 20e siècle se sont largement inspirés de ces récits à la fois grandioses et poétiques. Mais ça, c’était avant. Depuis sont apparus les auteurs contemporains, nés dans les années 1970…

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Le genre est récent

Les enquêtes policières islandaises à succès ont été publiées au début des années 2000. Ce sont principalement celles d’Arnaldur Indriðason, dont le roman « La cité des jarres » a été publié en France en 2000. Mais le genre a tout de même fait son apparition un peu avant, au milieu des années 1980. C’est en 1986, par exemple, qu’a été publié en français « Le cadavre dans la voiture rouge » de Ólafur Haukur Símonarson. Sans doute l’un des premiers polars islandais qui ait été accueilli en France.

 

Arnaldur Indriðason, dans le cimetière de Sandgerdi (La cité des jarres).
Arnaldur Indriðason, dans le cimetière de Sandgerdi (La cité des jarres).

A qui profite le crime ?

Mais alors que le polar existe depuis longtemps en France, pourquoi ce retard en Islande ? La criminalité est très faible dans le pays, et ce depuis toujours. Jusqu’en 2003, date à laquelle le pays bascule dans un régime néolibéral. La situation s’est dégradée progressivement jusqu’à la crise de 2008. Est-ce pour cela que les romans policiers ont connu un succès grandissant ? C’est probable. En 2008, Arnaldur Indriðason déclarait à Mikaël Demets pour evene.fr que « beaucoup d'Islandais ont longtemps cru en une sorte d'innocence de leur société. Très peu de choses répréhensibles se produisaient, et le peu de faits divers ne pouvaient pas donner lieu à des histoires policières ». Depuis, la situation économique du pays a été redressée de manière impressionnante – cette réussite signera peut-être la fin du succès des polars… Pour l'anecdote, sachez que la police islandaise (Lögreglan) adore soigner son image dans les médias, et particulièrement sur les réseaux sociaux. Son compte Instagram est un florilège de photos décalées, que n’oseraient jamais leurs homologues en France et dans le reste du monde !

 

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Un genre bien établi

Peu importe que le polar s’essouffle, plusieurs auteurs ont d’ores et déjà assis leur réputation en Islande et à l’étranger. Arnaldur Indriðason, mais aussi son ami Árni Þórarinsson, ou encore la romancière Yrsa Sigurðardóttir, le journaliste Ævar Örn Jósepsson, l’ancien animateur radio et traducteur Jón Hallur Stefánsson. Pour bien commencer ? Les romans d’Arnaldur Indriðason constituent une valeur sûre, qui met généralement en scène le commissaire Erlendur, un personnage torturé. Le premier où il fait son apparition est « La cité des jarres », le dernier en date étant « Etranges rivages ».

 

Arnaldur Indriðason
Arnaldur Indriðason

Un polar islandais pour bien débuter ?

blog-islande-polars-08La cité des jarres (Mýrin), dispo à la Fnac.


© photo principale : Icelandic Literature Center; © photo texte : Kristinn Ingvarsson, Lögreglan