Les toits en herbe dans le nord de l’Islande

Direction le nord de l’Islande, à une cinquantaine de kilomètres d’Akureyri. Dans l’immense vallée qui se prolonge dans le fjord Skagafjördur, on trouve une petite église et une ferme écomusée, qui partagent un point commun : tous ces bâtiments ont un toit végétalisé.

Il y a de nombreux avantages à installer un toit végétal. Comme par exemple sa faculté à réguler la température à l’intérieur de la maison. Les végétaux ont un pouvoir de retenue des eaux de pluie, qui évite des ruissellements trop importants en cas de fortes précipitations. Les islandais sont très sensibles au fait qu’un toit végétal permet aux constructions d’être en meilleure harmonie avec l’environnement.

Il y a tout de même des inconvénients à ce type de toiture. Il faut une construction capable de supporter un poids assez lourd, surtout lorsque la tourbe qui sert de support à la végétalisation est gorgée d’eau. Il faut entretenir l’herbe et la couper souvent. Il faut aussi régulièrement remplacer la tourbe qui vient à se détacher, généralement suite à de forts écarts de température.

Voir des toits végétalisés ?

Depuis la route n°1, il faut bifurquer sur une petite route qui conduit à la minuscule église de Vidimyri. Il est facile de la louper, mais un grand panneau permet de tourner au bon moment. L’église Víðimýrarkirkja est isolée, entourée par un petit muret qui délimite l’enceinte d’un cimetière.

Pour y entrer, on passe sous un joli portique peint en vert et rouge sur lequel sont accrochées deux cloches. Bien qu’une église ait été construite ici dès le 12e siècle, le bâtiment actuel date de 1834. L’église a été le premier monument historique à être classé en Islande, c’était en 1936. La façade est noire, mais les photos anciennes montrent qu’elle était beaucoup plus claire au début du 20e siècle.

Visiter ?

L’église est ouverte du 1er juin au 31 août, de 9h à 18h. Attention, l’entrée est payante – il fallait s’acquitter d’un droit d’entrée de 700 couronnes par adulte quand j'y suis allé en juin 2016, soit environ 6 €. «  C’est nécessaire pour que nous puissions entretenir l’édifice » nous a assuré le gardien, après avoir grommelé quelques mots incompréhensibles lorsqu’un couple de touriste derrière moi a tourné les talons en apprenant que l’entrée n’était pas gratuite.

C’est un peu cher pour une visite très courte, puisque l’église est minuscule, et le gardien… garde. Pas un mot pour nous décrire l’intérieur de l’édifice. Et pourtant, il aurait pu nous apprendre que les familles riches avaient droit à une place devant l’autel. Les hommes étaient placés dans le box sud, les femmes dans celui au nord. Les pauvres devaient se contenter de l’arrière de l’église, près de l’entrée.

La ferme écomusée de Glaumbaer

Pour s'y rendre, il faut reprendre la voiture pour rejoindre la route n°1. Dans le village de Varmahlid tout proche, il faut continuer tout droit sur la route 75, pendant 8 kilomètres. Là se trouve la ferme de Glaumbaer. Elle est facile à reconnaître : comme pour la Víðimýrarkirkja, le toit des maisons est végétalisé. Il y a en tout 16 corps de ferme quasiment identiques.

Leur toiture est recouverte d’herbe, qui pousse sur un lit de tourbe. Je n’ai pas visité le musée, qui reconstitue l’habitat avant la seconde guerre mondiale en montrant la rudesse de la vie à l'époque. On y trouve aussi une boutique et un café. La tourbe est omniprésente : elle est utilisée pour les murets d’enceinte. Avec un peu de chance, vous verrez des outils pour l’extraire du sol. N'hésitez pas non plus à pousser la porte de la jolie petite église...