L’Hekla, imprévisible

L’Hekla appartient au club très fermé des stratovolcans. C’est un véritable monstre que l’on voit de loin, et qui puise ses ressources sous terre. Il dort, tapi en sous-sol.

On ne voit pas souvent son sommet, souvent caché par des nuages. Ce n’est pas qu’il soit si haut – il culmine à 1488 mètres -, mais le mauvais temps a tendance à s’y accrocher. C’est la raison pour laquelle il a été appelé Hekla, que l’on peut traduire « encapuchonnement ».
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Peut-on s’y balader ?

Oui, il existe plusieurs balades, dont une qui chemine le long d’une coulée de lavée refroidie, récente puisqu’elle date de 2000. Comptez 7 à 8 heures en tout, avec une difficulté moyenne – il faut de l’endurance et être équipé pour marcher sur de la neige au sommet du volcan. Il est préférable de faire appel aux services d’un guide, capable gérer la situation en cas d’aggravation rapide de la météo.

Les brusques modifications du temps, sachez-le, arrivent souvent ! Les randonnées accompagnées vous conduisent au pied du volcan, ce qui vous évite de vous lancer sur des pistes non entretenues, et parfois trop difficiles à pratiquer si la neige fond ou commence à tomber. Ne prenez pas de risques, l’arrivée de secours à cet endroit peut être très longue…

 

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Stratovolcan ?

Ca veut dire quoi ? Les stratovolcans sont les volcans qui se sont formés par l’accumulation de matières éjectées lors d’éruptions. Leur forme est généralement conique. Ce n’est pas le cas de l’Hekla, car il est formé d’une succession de plusieurs cratères. Ils suivent une fissure éruptive longue de plusieurs kilomètres, sorte de plaie presqu’ouverte en permanence sur l’écorce terrestre.

Lorsque la plaie se rouvre, sous la pression du magma souterrain, la lave jaillit de manière explosive. Le phénomène est accompagné par des coulées pyroclastiques et des nuages de cendres qui peuvent monter très haut dans l’atmosphère. Il perd ensuite en puissance et s’arrête, ou se transforme en éruption effusive : les projections laissent place à des coulées de lave fluide qui progressent loin du cratère.

 

L'étendue des coulées des éruptions de l'Hekla.
L'étendue des coulées des éruptions de l'Hekla.

L’Hekla est imprévisible

Malgré une surveillance de tous les instants, le volcan est l’un des plus imprévisibles de la planète ! A la différence des autres volcans islandais qui montrent des signes de nervosité quelques heures, parfois quelques jours avant une éruption, l'Hekla s’amuse à ne chatouiller les détecteurs et sismographes qu’une heure ou deux avant de piquer une colère. En 1991, il est entré en éruption seulement 30 minutes après les premiers signes

Mieux vaut ne pas être trop près d’une fissure, à ce moment-là. Les coulées pyroclastiques ne laissent pas beaucoup d’espoir de survie si on se fait rattraper. L’Hekla est aussi réputé pour envoyer des projections très loin ! En 1947, une bombe de 20 kilos a été projetée à 20 kilomètres de l’Hekla ! Le volcan est considéré, depuis son éruption de 1104 et des poèmes racontant l’événement, comme hébergeant les portes de l’enfer. Un endroit où il ne faut donc pas trop trainer…

 

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Eruption de 1980.

La prochaine éruption ?

Il est particulièrement difficile de prévoir les éruptions volcaniques, et c’est encore plus vrai avec l'Hekla. La fréquence de réveil est très variable. Depuis 1947, il s’est animé en 1970, 1980 et 1981, 1991, puis 2000. En 2011, des secousses ont laissé supposer qu’un réveil était imminent. Mais c’était sans compter sur le sens de l’humour du volcan. Il s’est finalement tu…

En règle générale, plus la pause entre deux éruptions est longue, plus le phénomène suivant est puissant. La dernière éruption datant de 2000, avec une alerte en 2011, on peut imaginer que le prochain réveil sera spectaculaire. Mais à vrai dire...  on n’en sait rien ! L'Hekla est suffisamment capricieux pour faire mentir les statistiques.

 

Eruption de 1845.
Eruption de 1845.
© photo principale : Árni Friðriksson ; © photos texte : Isabelle Compoint, Arnt Flatmo, Sigrún Hreinsdóttir (University of Iceland’s Institute of Earth Sciences), D.R.