Mammút, la sensation rock

L’électronique, les boites à rythme, les claviers ? Les membres de Mammút les laissent aux autres formations islandaises comme Bjork ou Sigur Rós. Eux restent fidèles aux basiques du rock : une batterie soutenue par une basse, deux guitares qui tissent les mélodies et une voix pour les mettre en valeur. Et ça fonctionne !

A l’origine, en 2003, le groupe est un trio exclusivement féminin. Il s’appelait Rok, un indice sur le type de musique pratiqué par les trois jeunes filles. Elles sont rejointes par deux hommes l’année suivante : il fallait un batteur et un autre guitariste. Le groupe s’appelle désormais Mammút et prépare un premier album. Il ne sort qu’en 2006 sur un label islandais, Smekkleysa, que l’on doit aux Sugarcubes, le groupe où officiait Bjork. L’album s’appelle Mammút et connait un accueil mitigé.

Mais les bases sont posées : la musique est assez brute, très rock, avec un son finalement proche de celui des power-trios – ce que Mammút était à ses débuts. La voix est très présente, exclusivement chantée en islandais, mais sur plusieurs chansons, elle laisse la place à de longs passages instrumentaux qui varient les passages accélérés et les tempos plus lents et plus lancinants.

 

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Deuxième album

En 2008, le groupe sort son deuxième album, Karkari. La chanson Svefnsýkt grimpe dans les charts islandais, pourtant la musique de Mammút peine à franchir les frontières du pays. Pourtant, le style est bien ancré, alternant des passages rock rapides et des envolées instrumentales dans la veine de Portishead. Le groupe ne ménage pas ses efforts et part jouer un peu partout en Europe. Il faut attendre cinq ans pour que les musiciens achèvent le travail de composition sur un nouvel album.

 

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Venez à ma soeur noire...

En 2013, Mammút sort Komdu til mín svarta systir qui signifie « venez à ma sœur noire ». L’interprétation est libre, d’autant que les paroles sont toujours en islandais, difficilement abordables pour les étrangers. Deux chansons se dégagent de cet album, Salt et Þau svæfa. Le groupe donne toujours plus de concerts.

Þau svæfa est portée par une vidéo aux images dérangeantes, et un rythme lancinant. Les amateurs de la série Vikings y entendront une musique proche de la chanson If I had a heart de Fever Ray. Fin 2013, le groupe se produit dans l’émission Studio A sur la télévision islandaise RÚV. Il y joue une superbe version de Salt, la chanteuse Kata se produisant avec le visage grimé en noir.

 

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En anglais ?

Et demain ? La ténacité du groupe, formé il y a maintenant plus de 12 ans, finira peut-être par payer avec une reconnaissance en dehors de l’Islande. Mammút a signé sur le label anglais Bella Union et annoncé un nouvel EP. Appelé River’s End, il sera composé de cinq titres, en anglais une fois n’est pas coutume.

« Les paroles me viennent en islandais, elles ne devraient pas être placées dans un autre contexte. De nombreuses personnes m’ont demandé de les traduire. Mais lorsque j’étais une jeune fille sur la scène musicale, j’avais une tolérance très limitée envers les personnes qui me disaient comment devenir une énorme star. Mais depuis que nous avons joué devant des publics non-islandais, il est devenu évident qu’il fallait proposer autre chose pour établir une meilleure connexion ».

 

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Pas si simple...

Le travail de traduction n’a pas été facile, ce qui explique sans doute que seuls cinq titres figurent sur River’s End. « Quand j’ai commencé à traduire les paroles, j’ai réalisé qu’elles n’avaient pas de suite logique. Elles sont liées par des mots qui évoquent des images fortes. Il est difficile de faire passer ces émotions en anglais ».

Ce mini album en anglais est prévu pour une sortie le 1er juin 2015. La chanson Blood Burst est d’ores et déjà en écoute sur SoundCloud via le label Bell Union. Les amateurs de new wave, Cure et New Order, vont adorer la guitare de l’intro…

 

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Écouter (et voir) Mammút

La chanson Blood Burst en écoute sur SoundCloud.


© photo principale : Mammút ; © photo texte : Mammút