Petit tour de Reykjavik (2)

Après avoir visité le centre historique de Reykjavik, tournez le dos à la mer et dirigez-vous vers le paisible lac Tjörnin – qui signifie « l’étang ». Un lac naturel, d’origine glacière, qui gèle entièrement en hiver, autorisant les promenades sur la glace et même la pratique du patin.

Entièrement ? Pas tout à fait.

L’endroit est colonisé par de nombreuses espèces d’oiseaux, qui font le bonheur des ornithologues. La partie la plus au nord est régulièrement dégelée avec de l’eau chaude provenant de sources géothermiques, permettant l’observation de sternes arctiques, de cygnes et d’oies, qui partagent l’espace avec de nombreux canards. La webcam qui montre le lac en temps réel permet de voir évoluer toutes ces espèces, toute l’année !

 

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Architecture bétonnée

Prolongez votre promenade vers le moderne Hôtel de Ville (Ráðhús Reykjavíkur), fait de béton et de… mousse. Il date de 1992, réalisé par les architectes de Studio Granda, suite à un concours international. Malgré le nom latin, Studio Granda est une structure basée à Reykjavik, montée par Margrét Hardardóttir et son mari anglais Steve Christer. L’édifice a les pieds (ou plutôt des colonnes) dans l’eau du lac Tjörnin.

J’ai passé du temps devant la gigantesque carte de l’Islande en relief qui se trouve dans la mairie, au sous-sol. Une réalisation à ne surtout pas manquer. Elle permet de se rendre compte des dénivelés dans le pays, qui passe totalement inaperçus avec une carte classique.

 

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Un peu de marche…

Il est temps de quitter le centre-ville pour rejoindre l’extrémité ouest du port où se trouve le bâtiment hébergeant le Saga Museum. Je ne me suis pas privé de faire un petit détour par la rue Tryggvatagata, où se trouve le cabanon qui vend des hot-dogs, les pylsur. L’estomac calé, je continue mon chemin vers le port.

Le Saga Museum se trouvait auparavant au sommet de la colline Öskjuhlid. Il raconte l’histoire de l’Islande et de ses sagas au travers de mannequins de cire représentant des personnages historiques ou légendaires et mis en scène dans des décors assez réussis. L’histoire de l’Islande est racontée en 17 scènes animées. J’ai adoré passer des sagas nordiques aux aventures de Leifur Eriksson, en passant par la catastrophe de la Peste Noire.

À l’entrée, un audio-guide dans votre langue est remis – il est compris dans le prix du billet (2000 couronnes par personne, soit environ 14 euros).

 

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Étrange sculpture métallique

Je continue ma balade en suivant le front de mer, vers l’est, en passant devant le Art Museum. La visite n’est pas prévue pour cette fois-ci, j’y reviendrai. Je continue jusqu'à arriver à un bloc de verre monumental, d'une architecture plutôt réussie puisque les couleurs du ciel et de l’eau font changer ses parois de couleur. Il s'agit du Harpa, qui est à la fois une salle de concert et un palais des congrès.

Il était prévu, à l’origine, un complexe beaucoup plus complet qui comprenait un hôtel, un centre commercial, des appartements de luxe. Mais la crise financière de 2008 a donné un coup de frein sérieux au projet.

Je continue sur le front de mer jusqu’à atteindre la très belle sculpture métallique Sólfar, représentant le squelette d’un drakkar. Il s’agit d’une sculpture réalisée par Jón Gunnar Árnason et placée là en 1990, un an après sa mort. Sólfar signifie Sun Voyager (le voyageur vers le soleil). Sa forme évoque les bateaux des vikings, mais ce n’est pas son propos : il symbolise simplement la quête vers des territoires nouveaux, le progrès et la liberté. En face se trouvent les montagnes qui bordent la baie de Flaxafoi, souvent baignées dans la brume, parfois coiffées d’une calotte de neige.

 

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Une maison hantée ?

La route continue le long du front de mer jusqu’à arriver à une maison isolée perchée sur un petit promontoire couvert de gazon bien entretenu. C'est la maison Hofdi, qui fut construite au début du XXe siècle par le premier consul de France en Islande.

Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev s’y rencontrèrent en 1986 pour d’importantes discussions menées en pleine guerre froide. Après tout, l’Islande est bien le point de rencontre entre les plaques tectoniques américaine et eurasienne.

Réputé pour être hanté parce que construit sur un ancien cimetière viking, le bâtiment fut abandonné, tomba en décrépitude, manqua de peu d’être démoli mais fut finalement restauré. Il appartient désormais à la ville, et la maison Hofdi abrite des réunions municipales et des réceptions officielles.

 

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© photo principale : Isabelle Compoint ; © photo texte : Isabelle Compoint et Frédéric Botton