Petit tour de Reykjavik (3)

Pour atteindre l’église Hallgrimskirkja, quel que soit l’endroit d’où l’on vient, il faut monter une côte. La récompense est monumentale… à défaut d’être vraiment belle. Tout dépend, en fait, de votre faculté à apprécier les constructions massives et contemporaines.

Visite de l'église Hallgrimskirkja

Les grandes orgues de Hallgrimskirkja

Ce bâtiment à l’étonnante architecture de béton rappelle des orgues basaltiques. En parlant d’orgue, celui présent à l’intérieur de l’édifice est impressionnant, avec ses 5 275 tuyaux.

Les passionnés de jeux vidéo des années 90 oublieront l’aspect orgue et noteront que les contreforts de sa flèche haute de 75 mètres présentent des graduations qui s’apparentent à une ligne pixelisée ! C’est bien involontaire, puisque l’église a été construite en 1945 et 1986.

J’ai eu de la chance : en entrant dans l’église, un organiste jouait un morceau résolument contemporain. Un peu bizarre, même. De quoi susciter la curiosité, même si l’orthographe du nom du compositeur est tout simplement impossible à mémoriser.

 

blog-islande-orgue

Une église très photogénique

L’austère et massive église Hallgrimskirkja n’est parée d’aucune peinture ni décoration. Pourtant, elle se prête volontiers à des photos en contre-plongée, prises depuis son parvis. Des photos encore plus réussies lorsque le ciel est tourmenté.

La technique du HDR, en photographie, permet d’obtenir des clichés étonnants… Le gris du béton passe au gris foncé en cas de ciel couvert, mais aussi à l’orange lorsque le soleil est bas. À certaines époques de l’année ou pour ponctuer des événements, l’église est éclairée de nuit, généralement de manière inventive et jouant avec l’architecture contemporaine.

 

blog-islande-Hallgrimskirjka

Histoires de meurtres

Devant l’église se dresse la statue de Leifur Eriksson, celui qui découvrit l’Amérique du Nord en l’an 1000, qu’il baptisa alors Vinland, en raison des nombreuses vignes qu’il y trouva. Soit presque 500 ans avant le navigateur italien Christophe Colomb.

Leifur Eriksson pouvait se considérer comme le digne héritier de son père Erik le Rouge, qui avait quant à lui posé le pied au Groenland, vingt ans plus tôt. Si Erik le Rouge est arrivé en Islande, c’est parce que son père avait été chassé de Norvège pour meurtre. S’il est parti au Groenland, c’est parce que lui-même a été banni d’Islande pour… meurtre !

 

blog-islande-leifur

Ascension de la colline Öskjuhlid

Bunkers, lapins et citernes

J’ai décidé de me lancer dans une seconde ascension, celle de la colline Öskjuhlid. Pour y aller depuis le centre-ville, j’ai marché pendant environ 40 minutes sans me presser. Il faut simplement garder quelques forces pour gravir la pente. La colline est haute de 61 mètres seulement, vous n’aurez pas à chausser crampons et piolets... Si vous n’êtes pas courageux, sachez que le bus 18 vous y conduit depuis le centre-ville.

J’y ai croisé des lapins en m’éloignant un peu de la route, à la recherche d’anciens bunkers datant de la Seconde Guerre mondiale. Qu’y trouve-t-on ? Six anciennes citernes constituant le Perlan (la perle), c’est-à-dire le réservoir géothermique se servant de la position élevée de la colline Öskjuhlid pour alimenter la ville en eau (chaude !) Certains d’entre eux ont été vidés pour laisser la place à des structures culturelles. Le musée Saga consacré à l’histoire de l’Islande y a été hébergé pendant plusieurs années.

 

blog-islande-perlan2

Vue à 360 degrés !

Le dôme coiffant les citernes évoque une soucoupe volante. À l’intérieur, l’architecture reste étonnante. Le rez-de-chaussée, appelé « jardin d’hiver », impressionne par sa hauteur, sa modernité et sa luminosité. Le grand escalier en colimaçon ouvert sur le hall dessert les quatre étages depuis le sous-sol.

C’est aussi de là que part un jet d’eau montant jusqu’au dernier niveau et imitant le geyser Strokkur. Un autre geyser artificiel se trouve à l’extérieur.

J’adore ce site pour son époustouflante vue à 360° sur Reykjavík, dont on profite depuis la terrasse du quatrième étage. J’ai passé du temps à contempler la vue, tantôt vers la ville et les montagnes au loin, tantôt vers l’aéroport où l’on aperçoit le ballet des avions et des hélicoptères.

Il s’agit de l’aéroport de Reyjavík, avec ses trois pistes courtes. Il ne dessert que l’Islande, le Groenland et les îles Féroé. Le trafic, faible, est très réglementé : il est par exemple interdit de décoller depuis la piste 06 (celle qui est orienté sud-ouest vers nord-est) pour éviter les nuisances sonores au-dessus de Reykjavík.

 

blog-islande-panoramique-reykjavik-low
Cliquez pour voir le panorama de Reykjavik vu depuis le Perlan en grand format

Se restaurer à Öskjuhlid

Il y a aussi moyen de s’y restaurer, dans la journée, à la cafétéria qui propose des plats plutôt quelconques et des gâteaux crémeux à en faire pâlir les pâtisseries viennoises… sans pour autant en égaler le goût.

Il vaut mieux s’y rendre en soirée pour dîner au restaurant panoramique situé sous la coupole. Un endroit exceptionnel lorsque le soleil est rasant, la vue sur Reykjavík étant tout simplement magique.

Le restaurant effectue une rotation toutes les deux heures pour permettre de profiter au mieux de la vue pendant le repas. Le prix du menu composé de quatre plats est affiché à un peu plus de 50 euros. À la carte, les plats principaux s’affichent autour de 30 euros. Aux cuisines, on trouve Stefán Elí Stefánsson, une pointure qui a officié en France, au domaine de Clairefontaine.

Vous voulez me faire plaisir ? Exprimez votre mécontentement de voir des steaks de baleine à la carte. Pour le reste, la cuisine est tout simplement de haut niveau. Fin de la journée, la balade était longue, il fait bon se reposer…

 

blog-islande-perlanrestau
Les sites web à visiter
En savoir plus sur l'église Hallgrimskirkja (en islandais)
Consulter le plan de la ligne de bus 18
Découvrir l'histoire du Perlan et réserver une table au restaurant panoramique (en anglais) 
© photo principale : Frédéric Botton ; © photo texte : Isabelle Compoint, Frédéric Botton et Perlan