Projet CarbFix : limiter les émissions de carbone !

Le projet CarbFix est une initiative conjointe de Reykjavik Energy, l’université d’Islande, l’université de Columbia et le CNRS français. Le principe ? Eviter que le carbone rejeté par l’industrie ne parte dans l’atmosphère, en le solidifiant.

Jusqu’à présent, les scientifiques ne voyaient la minéralisation du carbone que dans un processus qui pouvait atteindre des centaines, voire des milliers d’années. Incompatible, donc, avec l’industrialisation galopante.

Ce que les scientifiques ont démontré avec le projet Carbfix, c’est que la minéralisation du carbone, donc sa transformation de l’état de gaz à celui de solide, peut être obtenue en moins de deux ans. C’est un délai compatible avec l’échelle humaine...

Comment ça fonctionne ?

Le projet Carbfix s’appuie sur le comportement du dioxyde de carbone et du sulfite d’hydrogène lorsqu’ils sont confrontés à des couches de basalte. L’Islande, recouverte en partie par des coulées de lave récente – à l’échelle de la planète – est particulièrement adaptée aux expériences de Carbfix. De l’eau contenant du CO2 et du H2S est injectée dans un puits creusé dans le sol.

Mais que faire, ensuite, du carbone solidifié ? La première réponse à la question, c’est « rien » ! Le carbone issu de la terre retourne à la terre, avec Carbfix. Evidemment, la concentration artificielle en carbone solidifié n’est pas forcément une bonne chose. Il est donc possible de l’extraire et de le stocker. Rien à savoir où et comment.

C’est reproductible ?

Le sous-sol de l’Islande est parfait pour la minéralisation du carbone. Mais c’est aussi en Islande que les émissions de CO2 industrielles sont parmi les plus faibles de la planète, donc que les applications du projet Carbfix sont le moins pertinentes. A titre d’exemple, une usine géothermique produit 5 % des émissions de carbone d’une centrale à charbon fossile.

Permettre la minéralisation du carbone avec une faible concentration en roche basaltique, c’est l’un des challenges du projet Carbfix. Les combats résident aussi dans l'actuelle nécessité de présence d’eau en grande quantité, et dans le coût de cette méthode, car pour l’heure la transformation est estimée à $30 par tonne de CO2 en Islande, et à $130 pour une centrale à charbon classique...

Source : Reykjavik Energy

Crédits photo : Arni Saeberg et Frédéric Botton
  • Yacine Lairedj

    Je veut aider à ce projet ????