Raufarhólshellir, sous la lave

Les champs de lave sont de vastes étendues de roches, souvent couvertes de lichens, que l’on trouve un peu partout en Islande. C’est ce qui fait le charme minéral de l’île ! Ce sont bien évidemment des indices sur l’intense activité magmatique de l’Islande, située sur la dorsale médio-atlantique (voir ici).

L’épaisseur de ces coulées solidifiées est très variable, de quelques centimètres à peine jusqu’à plusieurs dizaines de mètres. Parfois, mais c’est très rare, on trouve des tunnels de lave… De quoi s’agit-il ? Imaginez l’éruption d’un volcan déversant un flot de lave épais et rapide. La surface de la coulée refroidit plus vite que le centre, parfois jusqu’à se solidifier. Une croûte se forme, mais la lave continue à couler au centre, créant une sorte de tunnel.

 

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A Raufarhólshellir…

On trouve l’une des plus grandes caves formées par une coulée de lave qui soit, d’une longueur de plus d’un kilomètre. Elle provient du volcan Leitahraun, qui se trouve à l’ouest, dans les montagnes de Bláfjöll. Là où se trouve une station de ski et le fameux « Inside the volcano », une immense cavité qu’il faut absolument visiter (voir ici).

Les spécialistes ne sont pas tous d’accord, certains estiment que la coulée de lave date d’il y a 4530 ans, d’autres de 5200 ans – ce qui correspond aux deux principales éruptions du Leitahraun. La galerie est d’une longueur de 1360 mètres, avec une largeur de 10 à 30 mètres selon les endroits. Son état général est plutôt bon, surtout là où la couche de lave au-dessus de la cave est la plus épaisse – environ 12 mètres. Là où elle est plus fine, elle s’est écroulée, ce qui a créé plusieurs ouvertures.

 

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La visiter ?

Raufarhólshellir se trouve dans la péninsule de Reykjanes, au sud-est de Reykjavik. Comme toujours, il faut emprunter la route n°1 sur une vingtaine de kilomètres, puis bifurquer sur la route 39 à droite sur 13 kilomètres. Le site de Raufarhólshellir n’est pas matérialisé par des panneaux, il faut donc éviter de manquer le parking sur la gauche de la route. Si vous arrivez à l’embranchement avec les routes 38 et 380, c’est que vous êtes allé trop loin, il faut rebrousser chemin.

L’entrée de la cave n’est pas facile à trouver : il faut avancer un peu dans le champ de lave au nord du parking. Attention, la balade n’est pas de tout repos si vous décidez de parcourir l’intégralité de la cave. En fait, c’est surtout la première partie qui est la plus coriace. Les roches, principalement celles qui se sont écroulées là où la voûte a lâché, constituent des obstacles de 10 à 70 cm de hauteur qu’il faut passer avec patience.

 

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Prudence…

Lorsque les températures sont basses s’ajoute une autre difficulté : l’humidité de la cave crée une couche de glace sur les roches, qui rend la progression pénible. En tout état de cause, il est prudent de ne descendre dans la cave qu’avec de bonnes chaussures, des gants, des lampes frontales, si possible un casque, des vêtements chauds, de l’eau et de quoi se nourrir. Car il faut compter au moins 4 heures pour parcourir le kilomètre de la galerie principale. Certaines des issues sont parfois bloquées par la neige, en hiver.

La récompense, ce sont des couleurs étonnantes sur certaines veines de la roche, des parties noires assez angoissantes. Le spectacle est encore plus beau en hiver, lorsque se forment des stalactites et stalagmites de glace… Des visites sont organisées avec un guide, mais le prix est peu élevé. Mieux vaut y aller par vos propres moyens. L’endroit est situé hors des circuits touristiques du triangle d’or, il est donc probable que vous soyez seul, ou presque, dans la cave…

 

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© photo principale :Jessi Kingan ; © photos texte : patrixia, Jón Arason, Terry Baker, Florian Wachter