Thingvellir, l’histoire (2)

1000 ans d’histoire vous contemplent, à Thingvellir. Le site, qui a vu la création du premier parlement au monde, l’Althing, est resté en activité depuis l’an 930. Mais un événement, à l’été de l’an 1000, a constitué un séisme – et il ne s’agit pas là d’un tremblement de terre comme il en survient de nombreux à cet endroit. Les Islandais croyaient en plusieurs dieux anciens, qu’ils s’efforçaient de satisfaire avec des sacrifices. Mais le christianisme était en pleine expansion, et les missionnaires passionnés ont tenté de convertir les membres de l’Althing.

Païens vs Chrétiens

Pendant l’Althing de l’an 1000, qui s’est tenu comme tous les ans pendant l’été pour faciliter la venue des fermiers depuis le pays entier, la lutte entre païens et chrétiens a vu se créer un schisme. Le résultat ? Deux groupes se sont formés, avec chacun leur law speaker. Et chacun leurs lois d’origine divine, bien sûr.

La fin du premier parlement au monde ? C’était sans compter sur Þorgeir Þorkelsson, un prêtre païen et chef influent, à qui les deux parties ont réussi à accorder leur confiance pour le laisser choisir de l’avenir de l’Althing. Après s’être isolé pendant une journée et une nuit de méditation, il est revenu annoncer sa décision au Lögberg : le christianisme sera la religion des Islandais ! Mais pour éviter des guerres de religion, il a choisi d’autoriser les adeptes du paganisme nordique à pratiquer leur religion, à la condition qu’ils le fassent en privé. Est-ce là une explication à la croyance des Islandais dans l’univers des trolls et des esprits ? Peut-être…

 

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Le lieu probable de l'endroit où se tenait l'Althing

La petite église de Thingvellir

On l’aperçoit depuis la colline, en contrebas, à côté de petites maisons à toit pointu. Dès que le roi Olaf de Norvège a appris que le christianisme avait été adopté en Islande, il montré son approbation en envoyant du bois et une cloche pour construire une église. Outre les offices qui y ont été célébrés, certains Althings s’y sont tenus lorsque le mauvais temps empêchait les réunions en extérieur.

L’église actuelle est contemporaine, elle date de 1859. Elle est dotée de trois cloches. L’un d’entre elles est très ancienne – mais il est peu probable qu’il s’agisse de celle du roi Olaf. Une autre date de 1698. La dernière date de 1944, elle symbolise l’indépendance du pays.

 

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Mises à mort très variées

Que ce soit pendant les premières années de l’Althing (le Commonwealth) ou pendant la période de christianisation, les pouvoirs appartenaient à des chefs de clans. Les punitions étaient donc ordonnées dans chaque région, jamais à Thingvellir.

Mais tout a changé lorsque l’Islande est passée sous le joug norvégien, à partir de 1262. Les punitions, dictées par le Jónsbók, le livre des lois, sont devenues fréquentes sur le site de Thingvellir. Elles ont connu un pic pendant la réforme luthérienne, avec l’adoption en 1564 du Stóridómur, « le grand jugement ». Des émissaires danois venaient alors pour exécuter les sentences. Des amendes pour la plupart, mais aussi des condamnations à mort. Il y avait quatre sortes : la noyade pour les femmes convaincues d’adultère, la pendaison pour les voleurs, la décapitation pour les meurtriers, et le bûcher pour les accusés de magie.

Thingvellir conserve la mémoire de ces moments : on y trouve Gálgaklettur (le rocher de la potence), Gálgaeyri (la plage de l’échafaud), Brennugjá (l’endroit brûlant), ou encore Drekkingarhylur (la piscine à noyade).

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© photo principale : Isabelle Compoint ; © autres photos : Isabelle Compoint