Ytri Tunga, au royaume des phoques

L’ouest de l’Islande est un repère pour les phoques Communs, également appelés phoques des Ports, et les phoques Gris. Ce sont évidemment les Communs que l’on croise le plus facilement, ils méritent bien leur nom. L’un des meilleurs spots d’Islande se trouve sur la plage d’Ytri-Tunga, en juin et juillet.

On y accède depuis la route 54 dans la péninsule de Snaefellsnes dominée par la calotte blanche du Snaefelljökull. Un panneau indique la piste vers Ytri-Tunga, une piste très facile d’accès même avec une citadine. Vous ne pouvez pas la manquer : sous le panneau indicateur se trouve une boîte aux lettres qui ressemble à une maison. Son toit et sa porte ont été peints en rouge en 2016.

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Jumelles et zoom…

L’endroit est connu des amateurs de photographie animalière. A tel point qu’à Ytri-Tunga, il est plus probable de tomber sur une colonie de chasseurs d’images armés de longues-vues et d’appareils photo à gros zoom que sur des phoques ! Un panneau sur la plage indique les recommandations importantes pour observer les phoques. L’important, c’est de ne pas les déranger. Ils aiment être en bande, probablement pour surveiller la progéniture qui vient de naitre.

Ils ne semblent pas forcément très attentifs, souvent échoués sur les rochers. Mais ils sont bel et bien aux aguets. Lorsque vous les photographiez, la brève lumière rouge de mise au point les intrigue. Il y a de fortes chances qu’ils regardent dans votre direction ! N’essayez pas de vous approcher. Si vous avez de la chance, eux viendront vérifier qui vous êtes en nageant vers le rivage. Mais il est peu probable qu’ils le fassent s’il y a du monde.

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Chasse aux phoques ?

S’ils ne détectent pas de menace, ils vont reprendre une position confortable, parfois en s’aidant de leurs nageoires. Ils adoptent parfois des postures presque humaines ! Ils ont aussi quelque chose des chiens, avec un peu de tristesse dans leurs grands yeux. On ne peut s’empêcher de penser aux efforts de Brigitte Bardot dans les années 70 et 80 au Canada et en Norvège pour soustraire les phoques de la chasse pour leur fourrure.

Leur chasse est encore autorisée en Islande, sous conditions. Elle avait été presque interdite dans les années 80, mais la traque avait repris de plus belle, les chasseurs arguant que les colonies de phoques réduisaient de manière catastrophique la densité de poisson dans les eaux islandaises. Résultat : les phoques Communs sont passés d’une population de 43 000 têtes entre 1972 et 1978 à moins de 4000 en 2014.

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Crédits photos : Frédéric Botton